Quatre étapes clés pour un chien de conduite de troupeau efficace
Former un chien de conduite efficace repose sur la génétique, l’éducation, le dressage et l’expérience, dans une relation équilibrée entre maître, chien et troupeau.
L’utilisation d’un chien de conduite ne s’improvise pas. Elle repose sur un équilibre subtil entre trois entités : un éleveur référent, un chien maîtrisé et un troupeau en confiance. Selon Stéphanie Daydé-Fonda, éleveuse de brebis et formatrice et comportementaliste canin, la construction d’un chien de conduite efficace repose sur quatre leviers : les aptitudes naturelles, l’éducation, le dressage et l’expérience.
1. Des aptitudes naturelles issues de la génétique
« Ce que le chien sait faire sans apprentissage, c’est son instinct, explique Stéphanie. Ces aptitudes naturelles le poussent à contourner et encercler le troupeau ou à arrêter les mouvements. » Or, les comportements de rabattage ou de contrôle du mouvement des animaux sont des caractères héritables. « Bien choisir son chiot, c’est d’abord choisir une génétique de qualité. Quelle que soit la race, il est essentiel de choisir un chiot issu de lignées de travail reconnues, avec les deux parents eux-mêmes connus pour leur aptitude en conduite de troupeau. »
2. L’éducation pour créer une relation de confiance
L’éducation commence dès l’adoption du chiot. L’objectif est de construire une relation de confiance basée sur le respect mutuel. « Un chien ne doit être rattaché qu’à un maître. Il doit savoir à qui il se rattache pour se construire », insiste Stéphanie. Entre huit et douze semaines, le chiot doit être familiarisé à des environnements variés mais toujours sous la surveillance du maître. Le chiot ne doit pas être laissé en liberté au risque de le voir courir derrière tout ce qui bouge. Le chenil et le parc de détente sont des espaces dédiés qui garantissent la sécurité de l’animal lorsqu’il n’est pas sous la surveillance directe de l’éleveur. Stéphanie Daydé-Fonda insiste : « Un chien motivé par tout sauf le troupeau, risque fort de pas devenir un chien de conduite efficace. Gérer sa liberté, c’est canaliser son énergie vers le bon objectif. »
3. Le dressage pour développer et cadrer les aptitudes naturelles
Le dressage concerne plus spécifiquement le travail avec le troupeau. Il se réalise en parallèle de l’éducation des ordres de base. Le dressage s’appuie sur l’instinct naturel du chien à encercler et rabattre les animaux vers l’éleveur. Au démarrage, l’outil central du dressage est le cercle d’entraînement, un enclos sécurisé d’environ 16 m de diamètre où l’on place un lot d’animaux calmes à manipuler. Des séances courtes (10 minutes) et régulières (deux à trois fois par semaine) permettent de faire réagir le chien au mouvement pour le « déclarer », le motiver puis consolider les bases nécessaires au travail au troupeau : rappel, stop, amène, puis, plus tard, les directions et l’ordre "pousse".
4. L’expérience et la maturité
Le chien apprend toute sa vie et il faut augmenter progressivement les difficultés afin que le chien prenne confiance. Mais il faut compter trois à quatre ans pour former un chien optimal : il aura alors vu tous les types d’animaux sur la ferme toutes les saisons, et saura s’adapter à chaque situation. « Un chien de conduite à maturité, c’est un chien qui connaît la ferme, les points de fuite, et que le troupeau respecte », résume Stéphanie.
Des spécificités en élevage caprin
Même si les principes sont similaires à d’autres espèces, la conduite d’un troupeau caprin présente des spécificités comportementales : les chèvres sont plus indépendantes, moins grégaires, et réagissent différemment au chien. « Le danger, en élevage caprin, c’est de mettre trop tôt le chien au quai de traite pour repousser les chèvres », alerte Stéphanie. Le conseil : renforcer les comportements de contournement et rabatteur avant d’introduire le chien dans les routines du quotidien.
Un webinaire à revoir en ligne
Lors d’un webinaire organisé par l’Institut de l’élevage, Barbara Ducreux, coordinatrice du réseau chien, et Stéphanie Daydé-Fonda, éleveuse, formatrice et comportementaliste, ont partagé les fondamentaux d’un dressage réussi.