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La génétique lui fait gagner 6 000 litres de lait

Passionné de génétique, Gilles Guillomon applique une stratégie de reproduction qui permet d’augmenter la production du troupeau de 6 000 litres chaque année.

Avant de devenir éleveur de chèvres en 1995, Gilles Guillomon a été technicien volailles, en charge de la sélection, puis éleveur de lapins et de brebis, avec là aussi une forte orientation sur la génétique. En Gaec avec sa femme Fernande, à Domloup dans l’Ille-et-Vilaine, il élève aujourd’hui 400 chèvres saanen pour 520 00 litres de lait livrés à Triballat-Noyal, soit 1 280 kilos par chèvre avec un TB de 33 g/l et un TP de 32,5 g/l. Depuis 1995, il adhère au contrôle laitier et à Capgènes. Et depuis 10 ans, il applique une stratégie de sélection efficace. « Mon objectif est de maximiser le produit au mètre carré en ayant des bâtiments les plus remplis possible et en travaillant la génétique pour augmenter la production par chèvre » précise-t-il. Pour cela, Gilles Guillomon utilise l’insémination artificielle sur trois lots de chèvre en juin, août et octobre. Les chevrettes sont mises à la reproduction avec un objectif de 397 jours à la mise bas. Et pour les chèvres comme pour les chevrettes, aucune saillie n’est faite au hasard. Comme le prévoit le contrat Gènes +, l’éleveur fait inséminer un peu plus de 30 % de ses chèvres, soit 140 chèvres par an. Les 15 meilleures sont inséminées avec de la semence Gène Avenir. « Sur ces 15 chèvres, je garde quatre jeunes boucs que j’utilise l’année suivante sur les chevrettes. Et l’année d’après, je vérifie la production de leurs filles et garde les deux meilleurs que j’utilise en repasse des chèvres après IA. Mon objectif est d’avoir sur deux ans 40 à 50 filles de ces meilleurs boucs. Ceux-ci sont ensuite vendus pour limiter la consanguinité. » Sur les 125 chèvres restantes, 45 sont inséminées en semence testage et 80 en semence programme. Toutes les chèvres inséminées sont échographiées à 60 jours puis tous les 60 jours, pour limiter la durée de tarissement. Les autres, soit 260 chèvres par an, restent en lactation longue.

130 chevrettes conservées chaque année

Les chevrettes et chevreaux sont élevés dans un ancien bâtiment lapin ventilé, isolé, chauffé, lavé et désinfecté tous les ans avant un vide sanitaire. L’éleveur garde chaque année 130 chevrettes, soit un taux de renouvellement de 25 à 30 %, dont 30 issues de chevrettes. « Je garde les chevrettes dont la mère produit au moins 3,5 kg de lait par jour en début de lactation, précise-t-il. Les autres rejoignent les chevreaux de boucherie. » Ayant beaucoup travaillé la production laitière, Gilles Guillomon a aujourd’hui de très bons index lait IPC de 126 et de bon IMG et IMP. « Tous ces index ont des corrélations positives, souligne-t-il. Il y a par contre une corrélation négative entre lait et mamelles, ce qui fait que j’ai un mauvais index morphologique. Mais pour moi, l’important est de produire du lait ! Je travaille aussi un peu plus les taux aujourd’hui. » Avec cette stratégie, Gilles Guillomon atteint un produit de 390 litres par mètre carré, couloirs et aires d’attente compris. « Sur 10 ans, la production par chèvre a augmenté de 25 kilos par an, uniquement par la génétique, car la ration est restée la même. Ces dernières années, la progression est encore de +15 kg/an. Cela représente 6 000 litres de lait en plus chaque année, sans charge supplémentaire. Le coût des IA et de l’adhésion à Capgènes étant de 6 000 €/an, l’intérêt du travail génétique est donc très fort. »

Permettre l’expression du potentiel génétique

La ration de base comprend 500 g de foin de luzerne, du foin de prairie naturelle à volonté, 650 g de correcteur azoté, 600 g de bouchons de luzerne et 1,1 kg de maïs épi. Le coût alimentaire s’élève à 266 €/1000 l pour une marge brute 2014-2015 de 397 €/1000 l. Une spécificité sur l’élevage : l’apport six fois par an de mouches tueuses de mouches qui évitent l’utilisation d’insecticides.

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