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Didier Rat, président du Brilac
« La délocalisation n´est pas une fatalité »

Pour favoriser la transmission et l´installation en caprin, la région Poitou-Charentes a mis en place un observatoire des éleveurs de plus de 50 ans. Didier Rat voit là une occasion pour installer une génération d´éleveurs qui améliore ses conditions de travail et partage le temps d'astreinte.

© Mabel Amber/Pixabay


40 % des éleveurs caprins de Poitou-Charentes ont plus de 50 ans et les deux tiers sont incertains sur leur succession.


Cette situation vous préoccupe-t-elle ?
Didier Rat - Oui, cela nous inquiète. L´installation et la transmission sont des gros chantiers que nous posons sur la table et il y a du travail. Nous devons notamment convaincre nos collègues agriculteurs, dynamiser la filière, dire que l´on peut vivre de notre métier. Il faut arrêter de dire que nous travaillons trop pour ne pas gagner d´argent. C´est vrai que, face aux 35 heures, notre métier est exigeant. A nous d´innover sur les conditions de travail. Et il y a des pistes : travail en commun, groupements d´employeurs, remplacements. Même si, aujourd´hui, les jeunes ne sont pas assez formés pour cela. Ils veulent s´installer seuls pour faire leurs preuves. Mais ce n´est peut-être pas la bonne formule. Même si la forme sociétaire n´est pas la panacée, on peut aussi inventer des salariés à mi-temps.


Peut-on penser que moins il y a d´éleveurs, mieux se portent ceux qui restent ?
D. R. - Si le lait ne se fait pas dans nos régions, les entreprises vont le chercher ailleurs et demain, il se pourrait que nous perdions aussi ces entreprises. Or, en Poitou-Charentes, nous avons le désavantage de faire d´autres productions agricoles. Il faut alors faire attention à l´image colportée sur l´élevage de chèvres. Pourtant, il n´y a pas de raison pour croire que cette production est plus difficile qu´une autre. Tous les appuis existent : des instituts de formation, de génétique, aux personnels consulaires et techniques.


Etre éleveur caprin ne s´improvise pas.
D. R. - C´est une production à part entière, comme les moutons ou les vaches laitières.
Aujourd´hui, on peut se former. La balle est avant tout dans notre camp pour dire que nous pouvons en vivre. Les transformateurs sont là, car ils ont plus intérêt à protéger leurs approvisionnements dans notre région.
La délocalisation n´est pas une fatalité. Si l´on va chercher du lait en Espagne, c´est qu´il existe des débouchés. Il a fallu travailler dur pour obtenir ces débouchés. Ils sont là et nous n´avons pas la production ! Heureusement, cette tendance n´est pas une fatalité et c´est à nous de le prouver.

Rédaction Réussir

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