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« Gérer le parasitisme caprin, ça se cultive »

Dans le nord des Deux-Sèvres, la lutte contre le parasitisme des caprins s’est transformée en une aventure collective. Avec l’appui de la parasitologue Bernadette Lichtfouse, le groupe du Civam du Haut Bocage a peu à peu développé une stratégie durable pour limiter le recours aux antiparasitaires. ​​​

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Bernadette Lichtfouse : « Chaque ferme a son histoire, ses pratiques, ses animaux et on doit apporter à chacun une réponse personnalisée ».
© D. Hardy

Au Civam du Haut Bocage, la lutte contre le parasitisme est un chemin collectif, tissé d’observations fines, d’analyses régulières et d’ajustements des pratiques. Dans le nord des Deux-Sèvres, un groupe d’échange entre éleveurs caprins s’est constitué en 2007 autour du pâturage. « Au début, les premières questions tournaient autour des clôtures ou de la hauteur d’herbe, se souvient Xavier Roux, éleveur de chèvre du Maine-et-Loire et pilier du groupe. Mais très vite, une évidence s’est imposée : au pâturage, tout ramène au parasitisme»

Lire aussi : « Je n’ai traité mes chèvres aux antiparasitaires que deux fois en quinze ans »

" Les coproscopies sont nos yeux "

La rencontre avec Bernadette Lichtfouse, parasitologue, permet d’avancer dans la démarche. Avec elle, les éleveurs posent les bases d’un suivi partagé avec des coprologies régulièrement complétées par des coprocultures pour identifier les genres. « Les coprologies sont nos yeux, explique Bernadette Lichtfouse. C’est l’outil accessible qui relie ce qui se passe dans l’animal à ce qui se passe dans la prairie. Au fil des années, on construit des seuils d’alerte propres à chaque élevage et on apprend à raisonner les interventions. » Les éleveurs du Civam apprennent ainsi qu’une quantité d’œufs par gramme (OPG) n’a pas la même portée au printemps, après un stress comme la mise-bas, ou en fin d’automne. Au téléphone, Bernadette partage son interprétation des résultats avec chaque éleveur en se replaçant dans les pratiques du moment (rotation, ressource fourragère, état corporel, lactation, âge). En plus de cet accompagnement individuel, le groupe d’éleveurs se réunit au moins une fois par an pour partager ses problèmes et ses pratiques.

Lire aussi : Xavier Roux, éleveur de chèvres dans le Maine-et-Loire : « Mes Haemonchus sont résistants aux anthelminthiques »

Limiter le recours aux antiparasitaires

Ces années de pratiques ont permis de tirer des enseignements pour limiter le recours aux antiparasitaires. Tout d’abord, les éleveurs cherchent à allonger les temps de retour sur une parcelle et à multiplier les ruptures par de l’alternance entre la pâture et la fauche ou en faisant pâturer une autre espèce. Ensuite, il est important de garder les animaux en bon état pour qu’ils soient plus aptes à tolérer les charges parasitaires.

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