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Charentes-Poitou
Ancrer la production laitière caprine sur le territoire régional

Face à un risque de délocalisation de la production, le Bureau régional interprofessionnel du lait de chèvre de Charentes-Poitou a mis l´installation et la transmission d´exploitation au coeur des débats de son assemblée générale.

© DR


A écouter les professionnels réunis à l´occasion de l´assemblée générale du Brilac le 5 juillet dernier à Surgères, il y a du souci à se faire sur la pérennité de la filière régionale. Si l´image des produits laitiers est bonne, connue des consommateurs, ces derniers n´identifient pas Poitou-Charentes comme région caprine. Pourtant le travail ou les compétences ne manquent pas autour des actions menées par l´interprofession régionale du lait de chèvre.
Associés maintenant avec les Pays de la Loire, les éleveurs et les transformateurs du Brilac interprètent les indices positifs de la filière. « La production dans notre bassin laitier n´est pas suffisante pour couvrir le développement du marché » observe Didier Rat, le président du Brilac en constatant l´importation massive de lait. « Nous sommes inquiets du risque de délocalisation de la production » ajoute-t-il. Question de revenu, rétorquent certains participants. La revalorisation du prix du lait a pourtant débuté en 2005 et s´est poursuivie depuis.

En 2006, la collecte régionale représentait 54 % de la collecte nationale et 69 % si l´on élargit aux Pays de la Loire, nouvelle locomotive régionale. Le prix moyen sur ces zones était à 521 euros /1000 l (9 euros de plus qu´en 2005 soit une augmentation de 1,7 %). Les prix restent « l´attrait pour conforter les éleveurs en place et motiver des jeunes à s´installer » rappelle le président.
Si le Code mutuel caprin progresse (440 adhérents en Poitou-Charentes et 110 en Pays de la Loire), le Brilac aspire à de nouvelles formes de conduite des entreprises caprines : organisation du travail, relations entre les hommes, transmissibilité des outils et consommations énergétiques maîtrisées. Histoire d´être là encore demain. Valise pédagogique pour expliquer dans l´élevage, promotion dans la restauration hors domicile, portraits d´éleveurs, Capr´Inov pour la partie visible. Groupe d´éleveurs autour du travail, programme Agro-Transfert sur l´alimentation des chèvres et le pâturage ou le programme Praiterre (Prairies et Territoires) de l´Inra, pour le moins visible .

Plan Capr´1 pour l´installation et la transmission
Eric Ferré, conseiller à l´Adasea des Deux-Sèvres, est clair : pour que les exploitations soient transmissibles, il faut qu´elles soient attractives, résistantes au démantèlement, « vraiment cessibles » et puissent évoluer. Pour cela, le plan d´installation Capr´1, piloté par le Brilac et la Fresyca, a permis de repérer ces exploitations avec ou sans successions, avec l´implication des laiteries et des Adasea.
A l´aune des chiffres des installations deux-sèvriennes, toutes productions confondues, Eric Ferré trouve des clignotants au vert : un nombre important d´exploitants ont des successeurs identifiés, et les installations hors cadre familial se développent. Mais la production caprine n´est pas dans la même dynamique puisque moins de 5 % des projets d´investissement en Deux-Sèvres étaient caprins. L´atelier bovin-viande gagne du terrain face au caprin.
Aujourd´hui, dans la région, 40 % des éleveurs de chèvres ont plus de 50 ans et les deux tiers sont incertains sur leur succession. « Seule une transmission d´élevage sur deux sera assurée dans les dix ans qui viennent » indique Frantz Jénot de la Fresyca.

Les causes sont multiples : liées à l´atelier lui-même, aux bâtiments, à la maison d´habitation, au souhait de changer de production, au désintérêt des enfants pour l´élevage.
Les pistes d´action portent sur le foncier, les bâtiments d´élevage, la maison d´habitation. Pour conforter l´intérêt de la production caprine, il faut agir sur le revenu, les conditions de travail et le niveau d´investissement.
Le Plan Capr´1 mise sur une synergie d´action entre les acteurs de l´interprofession, les organisations professionnelles et les collectivités territoriales. Il en va de la survie d´un fleuron économique régional.

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