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Ces sept plantes qui supportent mieux le manque d’eau

Des variétés de céréales et de plantes fourragères plus résistantes au manque d’eau commencent à germer partout en France pour contrer les sécheresses à répétition.

Les mélanges prairiaux avec des légumineuses restent la solution la plus sûre pour faire face au déficit fourrager d'été. © DR
Les mélanges prairiaux avec des légumineuses restent la solution la plus sûre pour faire face au déficit fourrager d'été.
© DR

Quand on parle de changement climatique, les éleveurs entendent en premier lieu « sécheresse ». Et pour cause, les trois dernières années ont cruellement manqué d’eau sur l’été, voire parfois dès la fin du printemps. Il est alors nécessaire pour l’éleveur de revoir sur calendrier cultural et peut-être de modifier son assolement avec des variétés qui résistent mieux au stress hydrique. Ces plantes proviennent parfois de l’autre bout du monde, où le climat est déjà rude, mais il s’agit surtout de variétés déjà utilisées en France sans que tout leur potentiel ne soit exploité.

« On conseille aujourd’hui de mettre en place des cultures de mélange avec des légumineuses, surtout la luzerne qui a déjà bien prouvé son aptitude à la repousse, explique Danièle Barataud, de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. Cela reste la meilleure solution pour faire face au déficit de fourrage estival ».

La chicorée en mélange prairial pour le pâturage

Parmi les plantes fréquemment citées pour leur résistance à la chaleur et à la sécheresse, on retrouve la chicorée. Cette astéracée à larges feuilles ne se prête pas à la récolte mais convient très bien au pâturage, où elle peut être implantée avec un mélange prairial de moyenne durée (ray-grass, trèfle). « La chicorée dispose d’une racine pivotante qui va chercher l’eau loin dans le sol, ce qui la rend assez résiliente », décrit la conseillère de Haute-Vienne. Elle convient pour un système de pâturage tournant dynamique basé sur un cycle de 15 jours à trois semaines pour l’empêcher de monter en tige. Celle-ci apparaît en deuxième année et fait baisser l’appétence de la plante. Néanmoins, cette plante présente de belles performances sur la pousse estivale, avec un stress hydrique plus tardif que les autres végétaux. « La chicorée contient beaucoup d’eau, il faut donc être très vigilant au risque de diarrhées, d’autant plus dans notre zone avec le problème des myiases », prévient Danièle Barataud.

Une conduite plus souple avec le plantain

Compatible aussi bien avec la fauche que le pâturage, le plantain a une souplesse de fonctionnement qui peut plaire aux éleveurs. « Sa croissance est longue et il peut être facilement associé à une luzerne et du trèfle pour éviter la météorisation », complète la technicienne. Le plantain supporte le piétinement du pâturage, les chargements élevés tout comme les conduites plus extensives. Le plantain comme la chicorée constituent des cultures pérennes qu’il n’est pas nécessaire de réimplanter avant quatre à cinq ans.

Par ailleurs, la surface fourragère peut être augmentée au détriment de la surface allouée aux céréales pour ceux qui en produisent. Ainsi l’éleveur peut envisager de faire une récolte de céréales immatures, en faisant toujours un semis d’automne mais une récolte début mai pour ensuite implanter une culture dérobée. Il veillera pour sa dérobée à utiliser des variétés résistantes au stress hydrique, telles que le sorgho, le moha, le teff-grass ou un mélange radis fourrager-colza, mais cette implantation représentera toujours un risque. En effet, même si elle doit être faite début juin, avant les fortes chaleurs et la sécheresse, les dernières années ont montré que le manque d’eau pouvait survenir bien plus tôt dans la saison. Les céréales immatures constituent tout de même un fourrage de bonne qualité mais cette pratique grève par ailleurs l’autonomie protéique de l’exploitation. Cette piste n’est donc à suivre que si l’éleveur est en mesure de se fournir en céréales et en paille à un prix raisonnable. « Il n’y a pas de recette miracle et, s’il n’y a vraiment pas d’eau, quelle que soit la végétation, elle ne poussera pas », met en garde Danièle Barataud.

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