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Fourrages : les dérobées estivales apportent protéines et rendement

Sorgho, millet, moha, teff grass... ces cultures que l’on peut conduire en dérobées estivales apportent des ressources fourragères intéressantes tant en termes de rendement que de valeurs alimentaires.

Comparaisons de cultures estivales à la station expérimentales des Bouviers (CIIRBEF)
<p>Lors d'étés secs et chauds, sorgho, millet, moha, teff grass affichent des rendements et des valeurs alimentaires intéressantes comparé au maïs.</p>
© Arvalis

Si l’été 2022 restera dans les annales pour ses températures et son manque d’eau, « à la station de Mauron, dans le Morbihan, les cultures estivales semées au 20 mai après une prairie sont restées vertes alors que les maïs étaient déjà desséchés, témoigne Élodie Morand, ingénieure agronomie des fourrages chez Arvalis. Comme il y a de plus en plus de probabilité que les étés comme en 2022 se reproduisent, il est intéressant de diversifier ses ressources en implantant des dérobées estivales après un méteil ou des céréales ensilées immatures. Particulièrement pour des parcelles séchantes qui risquent de sous-performer en été sec ». En effet, en conditions sèches, les dérobées estivales apportent des ressources fourragères intéressantes tant en termes de rendement que de valeurs alimentaires face au maïs.

Pour mieux connaître leurs potentiels, Arvalis conduit des essais sur douze sites, répartis dans toute la France. « Nous avons implanté différentes variétés de sorgho mono et multicoupe, du teff grass, du millet, du moha », retrace Élodie Morand. Les semis ont été réalisés de mi-mai à fin mai, après une prairie ou des céréales ensilées immatures. Cette date précoce permet d’avoir suffisamment d’eau pour une bonne levée. Selon les précédents, des apports de 60 à 100 kg d’azote par hectare ont été réalisés.

Des valeurs alimentaires intéressantes

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© Source : Arvalis

Selon les sites d’essais, la teneur en MAT des sorghos est variable mais ils affichent la plupart du temps des valeurs comprises entre 11 à 12 % de MAT. Les essais de 2021 ont donné une moyenne de 50 à 75 g MAT/kg MS pour 0,75 UFL/kg MS. Ceux de 2022 étaient un peu au-dessus, autour des 0,8 UFL. Les variétés de sorgho types BMR sont plus riches en MAT. Le sorgho PPS est le plus riche en UF de 1,5 à 2 points.

Culture de teff grass à la ferme expérimentale des Bordes (36)
<p>Si les rendements du teff sont faibles, son taux de MAT oscille autour de 15 %.</p> © Arvalis

Les millet, moha et teff affichent de très bonnes teneurs en MAT. Le teff oscille entre 14 à 16 %. Le millet affichait 0,86 UFL/kg MS avec 90 g MAT/kg MS à la 1re coupe, et 130 g MAT/kg MS à la 2e.

En année caniculaire, avantage au sorgho

Côté résistance au stress thermique, si les rendements ont été inférieurs à ceux de 2021, les cultures estivales ont plutôt bien résisté en 2022. « En sorgho, nous avons obtenu moins de rendement. Mais la perte de rendement a été moindre que sur les maïs », chiffre Élodie Morand.

En 2021, sur la moyenne sur quatre sites d’essais, le maïs avait permis de produire 18 t MS/ha, le sorgho fourrager monocoupe de 14 à 16 t MS/ha et le sorgho multicoupe avait eu un rendement cumulé sur deux coupes de 8 à 10 t MS/ha. Les millet, moha et teff produisent moins en quantité avec des rendements avoisinant 8 t MS/ha.

En 2022, les rendements ont été moindres mais le sorgho multicoupe a quand même atteint les 4 t MS/ha par coupe et le millet 3 t MS/ha sur la 1re coupe, 2 t MS/ha sur la 2e. Le teff grass a permis quatre coupes à 1 t MS/ha. « Avec des températures douces, il peut même continuer à être valorisé à l’automne », assure Élodie Morand.

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