Aller au contenu principal

Biosécurité des élevages mixtes bovin et volailles : « Une prise de conscience du risque de transmissions de pathogènes entre espèces est nécessaire »

Avec sa double casquette au sein d’Innoval et de la section avicole du GDS Bretagne, Estelle Villéger prône une approche globale de la biosécurité à l’échelle de l’exploitation mixte bovine et volailles, afin de mieux identifier les risques.

<em class="placeholder">bâtiment pondeuses biologiques Le Gouessant jardin d&#039;hiver aménagement paysager polyculture élevage vaches</em>
Jusqu’à présent, la gestion de la biosécurité a surtout été raisonnée filière par filière, de manière très segmentée alors que les exploitations ne le sont pas forcément.
© A. Puybasset

Quelles sont les pathologies transmissibles entre bovins et volailles ?

Lire aussi : « La biosécurité se joue dans les détails dans notre élevage bovin et avicole»

Estelle Villéger : On identifie souvent les risques de transmission du bovin vers la volaille mais ils en existent dans les deux sens. En volaille, le risque en provenance du ruminant concerne principalement la salmonelle. Il a été clairement démontré lors d’une étude de prévalence réalisée en 2021 par le GDS Bretagne et le laboratoire Ceva dans plus de 160 exploitations mixtes comprenant un élevage de poules pondeuses.

 

 
<em class="placeholder">Estelle Villéger est à la fois animatrice de la section avicole du Groupement de défense sanitaire (GDS) de Bretagne et référente biosécurité au sein des adhérents en ...</em>
© A. Puybasset

Dans un cas sur six, une salmonelle mineure a été détectée dans l’environnement de la stabulation bovine, principalement S. mbandaka et montevideo qui sont des sérotypes plus spécifiques des ruminants. Le bovin est un réservoir de salmonelles qui n’est pas toujours bien identifié, en particulier en allaitant où une contamination peut passer inaperçue (peu de signes cliniques sur le cheptel, excrétion intermittente…). En vache laitière, des plans de surveillance sont plus fréquemment mis en place, notamment en transformation laitière. Les cas de récidives de salmonelles en volaille (majeure ou mineure) apparaissent régulièrement dans des exploitations mixtes. La recontamination de l’atelier avicole peut se faire par proximité (environnement contaminé, rongeurs), par l’homme (bottes…) ou par du matériel commun (chargeur, paille).

Quels sont les risques pour les bovins ?

E. V. : Du côté des bovins, le principal risque identifié en provenance de la volaille est le botulisme, pouvant occasionner une mortalité importante du cheptel. Lors de cas, un lien épidémiologique avec l’atelier volaille est régulièrement soupçonné, souvent par le fumier (eau de lavage contaminant la table d’alimentation, épandage sur pâtures…). D’autres pathogènes sont aussi concernés comme les colibacilles (attention aux forages mal protégés près de pâtures) mais aussi par les virus influenza aviaire, où des cas de transmission de la volaille vers les vaches ont été récemment démontrés aux États-Unis.

Les éleveurs ont-ils conscience des risques de transmission interespèce ?

E. V. : Jusqu’à présent, la gestion de la biosécurité a surtout été raisonnée filière par filière, de manière très segmentée alors que les exploitations ne le sont pas forcément. Avec l’actualité sanitaire (influenza aviaire sur des vaches, fièvre catarrhale ovine, fièvre aphteuse, fièvre porcine africaine…), les éleveurs et leur entourage technique sont de plus en plus sensibilisés à l’importance de la biosécurité, dont l’enjeu n’est pas que réglementaire. En revanche, il y a un manque de prise de conscience des risques de transmission au sein même de l’exploitation. On identifie bien les risques extérieurs mais pas toujours ceux liés aux autres ateliers.

Quels sont les points à risque des élevages mixtes ?

E. V. : Ils concernent principalement les intervenants extérieurs qui sont nombreux en bovins (collecte de lait, insémination…), la gestion des poussières en provenance du poulailler (orientation des ventilateurs…) et le risque de contamination de l’alimentation des bovins (proximité des silos avec le poulailler) ou encore le risque de transmission par les hommes ou le matériel. Ce dernier est souvent sous-estimé, en particulier lors du primopaillage et en période de vide sanitaire. Pour aider ses adhérents éleveurs bovins à améliorer la biosécurité ayant également un atelier de monogastriques, Innoval lance en septembre un plan d’accompagnement en quatre volets : la gestion de la circulation des intervenants extérieurs en période à risque, l’optimisation des flux et des zones de croisement au sein de l’exploitation, l’organisation des personnes travaillant sur l’exploitation et le matériel commun entre ateliers (hommes et équipements dédiés), et enfin la gestion du pâturage et des parcours avicoles.

L’objectif du plan d’accompagnement d’Innoval est d’avoir une approche globale à l’échelle de l’exploitation et d’être un relais sur la partie bovine, en complément des démarches mises en place par ailleurs. En filière avicole, l’outil d’audit sur la biosécurité Eva prend désormais aussi en compte les risques associés aux ateliers bovins en cas d’exploitation mixte.

L’atelier bovin peut être un réservoir potentiel de salmonelles, pas forcément identifié.

Curriculum

Estelle Villéger est à la fois animatrice de la section avicole du groupement de défense sanitaire (GDS) de Bretagne et référente biosécurité au sein des adhérents en production bovine d’Innoval.

Les plus lus

<em class="placeholder">« Je voulais un bâtiment performant », souligne Nicolas Ramond.</em>
« J’ai investi dans un poulailler performant »

Installé en 2022, Nicolas Ramond a investi dans un poulailler neuf de 1700 m² pour la production de poulets et de dindes. La…

<em class="placeholder">Dix-huit poulaillers ont été construits en 2025 et quarante bâtiments le seront en 2026.</em>
Près de 600 bâtiments de poules pondeuses à construire d’ici 2035

La filière œuf veut accélérer la construction de poulaillers, pour atteindre 10 millions de places supplémentaires d’ici…

<em class="placeholder">Les trois associés du Gaec de la Béharie, Valentin Durand, Pauline Neel et Valentin Neel, entourés d’Alain Salmon (à gauche) et Nicolas Leduc (à droite) des ...</em>
« Nous voulons plus de bien-être dans notre bâtiment de volailles de chair »

Le Gaec de la Béharie dans l’Orne a investi dans un bâtiment Terre-Neuve avec jardin d’hiver afin d’améliorer les conditions d…

<em class="placeholder">Huit parcs ont été divisés en deux parcs de 9 m² pour séparer les mâles et les femelles. </em>
Eclosion à la ferme : l'Anses obtient de meilleures performances en dindes

Une expérimentation de l’Anses montre que les performances de croissance sont plus élevées en éclosion à la ferme pour les…

<em class="placeholder">Si les souches blanches et rustiques sont les plus adaptées pour l’allongement de la durée de vie des poules, des leviers existent aussi pour les poules rousses et brunes.</em>
Lever les freins à l’allongement de la vie des poules

Lancé en 2024 pour quatre ans, le projet Interreg Omelette vise à identifier et lever les freins à l’allongement de la durée…

<em class="placeholder">L&#039;objectif est d&#039;augmenter progressivement les volumes d&#039;aliment volailles de 20 000 à 40 000 tonnes par an, via le redéploiement de volumes existants et le développement ...</em>
Prise de participation de LDC Amont dans une usine de Soréal dans l'Yonne

LDC Amont a pris une participation majoritaire dans l’usine d’alimentation animale de Joigny, société de Soréal.

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026
Version numérique de la revue Réussir Volailles
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Volailles
Newsletter COT’Hebdo Volailles (tendances et cotations de la semaine)