Aller au contenu principal

L’Etat français condamné pour retard de paiement des aides bio à un agriculteur

Le tribunal administratif de Dijon a condamné récemment l’Etat français à verser 20 000 € à un agriculteur bio pour retard de paiement des aides bio. Un « beau symbole » estime la Fnab alors que les producteurs dénoncent la mise à nue de la Bio dans la prochaine Pac. La mobilisation se poursuit.

© Gabriel Omnès

Fin mai, le tribunal administratif de Dijon a condamné l’Etat français pour retard de paiement des aides bio aux agriculteurs. L’instance juridique reconnaît que l’Etat est « fautif » de ne pas avoir instruit les aides bio « dans un délai raisonnable » et le condamne en conséquence à verser près de 20 000 euros d’indemnités au plaignant. Le producteur a été contraint de cesser son activité en raison des retards de paiement. Un « soulagement » pour cet agriculteur bio qui estime que cette décision de justice montre que la situation subie par les producteurs « n’était pas normale ».

Mobilisés contre la nouvelle Pac

Pour la Fnab (Fédération nationale d'agriculture biologique), « ce sujet était bien connu dans les campagnes et au ministère ». La fédération dit avoir demandé à plusieurs reprises « l’accélération du calendrier et des indemnisations pour les agriculteurs victimes ». Des démarches « sans succès » qui ont conduit l’organisation à décider, en 2019, « de porter plusieurs dossiers devant la justice ».

La décision du tribunal de première instance de Dijon « ouvre la voie à une reconnaissance des préjudices subis par les bios du fait de l’inaction de l’Etat, » estime la Fnab.

La fédération observe que cette « absence de considération de la part du gouvernement » se fait sentir également dans la future politique agricole commune (Pac) actuellement en discussion. Les arbitrages prévus « vont faire perdre à travers le nouvel éco-régime en moyenne 66 % d’aides environnementales aux agriculteurs bio ».

Fin mai, les producteurs bio ont dénoncé avec le #LaBioAPoil la mise à nue de la bio dans la prochaine Pac. La filière qui s’estime malmenée depuis 4 ans n’abandonne pas le combat. Le 23 juin, une nouvelle vague de mobilisation a démarré avec plus d’une vingtaine d’actions prévues au total d’ici le 26 juin, dans plusieurs villes de France. D’autres actions sont prévues qui seront annoncées sur Twitter et Facebook.

 

 

 

 

Les plus lus

Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor
Lait
Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un…
Collecte de lait : une baisse de 0,9 % en juin en France
Lait
La collecte de lait de vache française a chuté de 0,9 % sur le mois de juin 2026 par rapport à juin 2025. Une…
Légumineuses : une filière commerce équitable Max Havelaar se structure dans le Sud-Ouest
Grandes Cultures
Face à la montée attendue de la consommation de protéines végétales, Max Havelaar France, l’Union Entente et le réseau de…
Phytos en fruits et légumes : les AMM 120 jours de fin juillet – début août 2026
Fruits et Légumes
Voici les dérogations 120 jours concernant la filière fruits et légumes publiées en juillet et août 2026. [mis à jour le 25 août…
Blé tendre : pourquoi le changement climatique masque les progrès génétiques
Grandes Cultures
Le gain génétique en blé tendre est estimé à 0,54 quintal par hectare et par an entre 1987 et 2023, d’après une analyse d’Arvalis…
Fertilisation de la vigne : le delta N15, potentiel indicateur de la bonne assimilation de l’azote
Vigne
Des recherches récentes suggèrent que la mesure des isotopes de l’azote dans les organes de la vigne peut permettre d’estimer l…
Publicité