Bio : « Le marché redémarre et on se pose la question de savoir s’il y aura suffisamment de produits pour répondre à cette demande » s’inquiète Stéphanie Pageot de la Fnab
Lors d’une audition commune sur la production alimentaire bio devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution, différents acteurs de la filière ont pris la parole le 3 mars. Approvisionnement et marges ont été les principaux sujets abordés.
Lors d’une audition commune sur la production alimentaire bio devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution, différents acteurs de la filière ont pris la parole le 3 mars. Approvisionnement et marges ont été les principaux sujets abordés.
« On sent que le marché redémarre et on se pose la question de savoir s’il y aura suffisamment de produits pour répondre à cette demande qui repart » a déclaré Stéphanie Pageot, secrétaire générale en charge des liens avec les opérateurs économique de la fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) le 3 mars dernier, lors de l’audition commune sur la production alimentaire bio devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. Et de rappeler que les surfaces bio avaient diminué en 2023 et 2024 à cause de la crise.
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Les transformateurs de bio préoccupés
Une inquiétude partagée par Thomas Breuzet, président du Synabio qui a affirmé : « La contraction des débouchés a fragilisé le potentiel de production français, qui fait émerger aujourd’hui un risque sur les approvisionnements bio français ».
« Selon le baromètre 2025 de l’Agence bio, 16 % des producteurs envisagent de réduire ou d’arrêter leur activité bio, et donc ça préoccupe beaucoup les transformateurs que nous sommes », ajoute le fondateur du groupe Quinoak pour étayer ses propos.
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« Nous n’arrivons pas à obtenir de données sur les marges »
En ce qui concerne les marges, Stéphanie Pageot de la Fnab déclare devant les sénateurs : « On n’a pas de données qui nous permettent d’estimer la répartition de la marge entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ». Et d'ajouter : « Ça fait plusieurs années qu’on pousse pour que l’Observatoire français des prix et des marges (OFPM) donne des données plus précises et plus spécifiques sur l’agriculture biologique, en particulier pour les produits bruts comme le lait, les œufs, potentiellement le steak haché, malheureusement nous n’arrivons pas à obtenir de données. On nous dit que c’est à cause d’un manque de moyens au niveau de l’OFPM et d’ un manque de volonté des acteurs économiques qui ne donnent pas leurs chiffres ».
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« Si on veut agir sur les marges, il faut agir en même temps sur l’offre »
« Les limites sont identifiées : l’accès aux données des distributeurs qui restent trop partielles, les équilibres en la matière qui sont trop complexes et les mécanismes de péréquation entre catégories de familles de produits qui rendent l’analyse délicate », témoigne de son côté Thomas Breuzet. Il ajoute : « On regrette qu’aucune étude publique ne permette de quantifier l’existence et le niveau d’éventuelles surmarges ».
« Si on veut agir sur les marges, il faut agir en même temps sur l’offre », ajoute-t-il, argumentant « nous proposons de fixer un minimum de 20 % d’offre bio à l’horizon 2030, ce qui serait cohérent avec la cible de consommation prévue par la Snanc ».
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