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« La bio s’est développée grâce à la GMS, aujourd’hui ils nous laissent tomber »

Plusieurs représentants des agriculteurs bios au sein de la FNSEA, de la Coopération agricole, des Jeunes agriculteurs et des Chambres d’agriculture dénoncent au salon de l’Agriculture l’attitude de la grande distribution dans une période de crise pour le bio.

Loïc Guines, président commission bio des Chambres d’agriculture France, Brice Guyau, président commission bio de la FNSEA, Joffrey Beaudot, responsable bio des Jeunes agriculteurs et Jérôme Caillé, président de la commission bio, pour La Coopération agricole.
De gauche à droite : Loïc Guines, président commission bio des Chambres d’agriculture France, Brice Guyau, président commission bio de la FNSEA, Joffrey Beaudot, responsable bio des Jeunes agriculteurs et Jérôme Caillé, président de la commission bio, pour La Coopération agricole.
© Nathalie Marchand

« La bio s’est développée grâce à la GMS, aujourd’hui ils nous laissent tomber comme une merde. Et la distribution spécialisée n’est pas toute blanche non plus ». Loïc Guines, président de la commission aux Chambres d’agriculture de France ne mâche pas ses mots. Dans le contexte de crise que subit le bio, celui qui est aussi producteur de lait bio en Gaec au sud de Rennes appelle également les coopératives et les industriels à « se battre pour garder le bio au catalogue, sinon c’est le producteur qui est le dindon de la farce ».

Une opinion partagée par les intervenants de la table-ronde « est-ce que le bio a un avenir en France ? » organisé ce 27 février sur le stand de la FNSEA au salon de l’Agriculture. 

Lire aussi : « 833 euros, ça n’est même pas le prix d’un pneu ! » : les agriculteurs bio en colère face aux annonces d'Attal

Les contrats des coopératives avec la distribution ne sont pas reconduits

« On prend de plein fouet ce qui se passe, on essaie de limiter la casse. Des contrats avaient été mis en place par les coopératives aujourd’hui les acheteurs ne veulent plus se réengager, on essaie de limiter la casse on ne voudrait pas perdre des producteurs », témoigne pour sa part Jérôme Caillé, président de la commission bio de la Coopération agricole et polyculteur-éleveur de volailles. Il rappelle comment de 2017 à 2020 les coopératives ont déployé des « contrats avec prix planchers et prix plafonds ». Des contrats dont la distribution se désengage depuis 18 mois.

Lire aussi : Crise du bio : « Notre objectif c’est qu’il n’y ait pas de déconversions »

Des marges trop élevées sur le bio dans la distribution ?

Lors des actions de colère des agriculteurs, la grande distribution a été visée notamment par les agriculteurs bios. « La conjoncture économique a affecté le pouvoir d’achat des consommateurs qui se sont détournés des produits bios. Mais les GMS ont réduit leurs linéaires de produits bios, donc moins de place égale moins de consommation. Par ailleurs la baisse de prix subie par le producteur n’est pas en corrélation avec les prix dans la GMS », exprime pour sa part Joffrey Beaudot, responsable bio pour les Jeunes agriculteurs, et polyculteur-éleveur bien Saône-et-Loire. A ce propos, il rappelle la demande des syndicats agricoles d’avoir un rapport de l’observatoire des prix et des marges pour avoir plus de visibilité sur la filière bio.

Lire aussi : Quelles sont les six demandes de la FNAB pour réaffirmer l’importance de l’agriculture bio ?

Des attentes fortes pour aider les agriculteurs bio en difficultés

Face à cette situation et alors que nombre de jeunes agriculteurs souhaitent encore s’installer en bio, les représentants professionnels agricoles réunis lors de cette conférence mettent en avant plusieurs attentes fortes.

Sécuriser les contrats

« On pousse pour que le deuxième volet d’Egalim soit appliqué en bio. Il va falloir trouver le moyen assurantiel de sécuriser les contrats », avance Jérôme Caillé, de la Coopération agricole. Il appelle aussi à des aides au stockage en attendant que la consommation bio reparte. 

Mettre en place de l’intervention

« On demande une enveloppe de soutien à la hauteur de la perte, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant », avance pour sa part Brice Guyau, président de la Commission bio de la FNSEA. 

On a aujourd'hui 265 jours de céréales bio en stock

« On a aujourd’hui 265 jours de céréales bio en stock. On demande de l’intervention. On doit trouver des outils pour gérer ce surstock, poursuit-il. Alors que la baisse de la consommation bio semble s’amortir, il estime aussi qu’il faudra anticiper une forme de régulation dans les nouvelles installations ou conversions avec une contractualisation à l’appui. Le représentant de la FNSEA demande aussi une MAEC pour « les agriculteurs bios qui sont aujourd’hui dans le dur ».

Lire aussi : Prix du GNR, simplifications et aides d’urgence : toutes les annonces de Gabriel Attal aux agriculteurs

Des objectifs de moyens

« En bio on a un peu plus besoin d’une vision claire sur des objectifs de moyens au-delà des objectifs de chiffres. Créer un produit bio qui est ensuite déclassé en conventionnel, derrière ça fait mal au cœur. […] Après la vision il y a aussi besoin d’une reconnaissance par rapport à un cahier des charges qui permet des aménités positives. J’attends la remise à jour du rapport du CGAEER sur les aménités positives de la bio », poursuit encore Brice Guyau.

Mise à jour | Crise du bio : une aide de 90 millions d’euros, toujours pas suffisante selon la Fnab

Les représentants professionnels agricoles réunis autour de la table demande aussi une meilleure application des règles Egalim et de la loi Climat et Résilience en restauration collective.

Lire aussi : Pourquoi les agriculteurs bio continuent-ils à se mobiliser dans la rue ?

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