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Au Mexique, la production porcine voit grand

La production porcine mexicaine vit, depuis quelques années, une révolution qui devrait la placer rapidement au niveau des plus grands et plus puissants producteurs-exportateurs mondiaux de viande de porc.

Avec un cheptel de 1 200 000 truies recensées l’an dernier, (un peu supérieur à la France), la production porcine mexicaine augmente de 6 % par an. Elle se développe dans quatre états qui se partagent cette forte croissance au sein de grands groupes industriels :

L’État de Sonora au Nord près de la frontière américaine : 280 000 à 300 000 truies.
Le Jalisco au Centre-Ouest : 300 000 à 350 000 truies.
L’État de Veracruz au Sud-Est : 150 000 truies mais dont l’un des plus grands producteurs le Grupo Porcícola Mexicano (GPM) exploite 90 000 truies, en évolution rapide vers 120 000. Ce groupe a récemment passé des accords de partenariat avec l’Américain Carrol Feed ayant eux-mêmes un partenariat avec le géant américano-chinois Smithfield Foods. La production est principalement exportée vers les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.
Le Yucatan : le grand état de la pointe Sud-Est compte entre 90 000 à 120 000 truies, principalement intégrées par le groupe GPM.

Ces grands élevages intégrés représentent environ 60 % de la production totale. En parallèle, les éleveurs indépendants, peu nombreux, exploitent des troupeaux importants de 500 à 1 000 truies. Au Mexique, la production annuelle de viande de porc est de 1,5 million de tonnes équivalent carcasse (2,1 millions en France). 875 000 tonnes sont importées, des USA principalement. Le pays exporte 131 000 tonnes, principalement vers les USA, le Japon, la Corée du sud, et la Chine depuis peu. La population mexicaine de 126 millions d’habitants consacre 23 % de son budget pour son alimentation. La consommation de viande de porc est importante à l’échelle de l’Amérique latine, avec une moyenne annuelle 18 kg viande de porc par habitant (32 kg en France). La viande de porc est consommée principalement fraîche, avec peu de transformation (saucisses, jambon…). La qualité de la viande est un critère important. Pour cela, les abatteurs demandent des carcasses maigres, avec un gras de côtelettes limité à 11-14 mm maximum.

Un large recours à la ractopamine en fin d’engraissement

Les formules d’aliment, essentiellement basées sur le concept d’alimentation américain à base de maïs-soja, sont très déséquilibrées en énergie et en protéines. L’utilisation de la ractopamine est alors une solution pour orienter les dépôts vers plus de protéines et moins de tissus gras. Mais cet usage, quasi généralisé jusqu’à maintenant, est en baisse, à mesure que les exportations augmentent. La ractopamine est même interdite dans l’État de Sonora depuis octobre 2019. Aujourd’hui dans de nombreux élevages elle est remplacée par du picolinate de chrome. Cette molécule améliore les transferts du glucose sanguin vers les tissus, les muscles en particulier. Elle améliore ainsi les performances et la résistance au stress des animaux. Le picolinate de chrome n’est pas autorisé actuellement dans l’Union européenne.

Le Mexique n’a pas de centralisation nationale des performances d’élevage. Seules quelques entreprises de production permettent d’avoir une idée des résultats technico-économiques des troupeaux : l’indice de consommation moyen est de 2,7 pour des porcs abattus à 120 kg de poids vif. Le GMQ moyen est de 700 g/jour de vie, soit 750 à 800 g/j pour des porcs de 25 à 120 kg. Il semble que les producteurs de porcs mexicains prêtent plus attention à l’indice de consommation plutôt qu’à la vitesse de croissance, compte tenu du coût élevé des aliments. La plupart des matières premières sont importées essentiellement des États-Unis (50 % du maïs consommé et 100 % du tourteau de soja). Le maïs est assez fréquemment remplacé par du sorgho produit localement. Presque tous les mâles sont castrés mais 10 % sont immunocastrés.

Mortalité et mycotoxines affectent la production

La plupart des troupeaux souffrent d’une mortalité élevée de porcelets en post-sevrage (environ 20 %) essentiellement provoquée par la diarrhée épidémique porcine (PED) et le syndrome reproducteur et respiratoire du porc (PRRS). Peu de solutions sont en place pour limiter les effets de ces affections. Tandis qu’en engraissement à cause des fortes chaleurs, d’une qualité d’eau moyenne et de régimes très concentrés, l’entérotoxémie frappe par épisode de nombreux porcs en croissance. Les mycotoxines sont très présentes dans les céréales ou leurs sous-produits locaux ou importés : DON, zéaralénone et fumonisine sur les maïs ou le sorgho et peuvent créer de gros désordres de croissance ou de reproduction.

L’utilisation de la ractopamine, quasi généralisée jusqu’à maintenant, est en baisse, à mesure que les exportations augmentent.

Le saviez-vous

La ractopamine est un médicament, utilisé comme "bêta-agoniste" pour favoriser la synthèse des protéines. Ce n’est ni plus ni moins qu’un anabolisant qui sert à augmenter la masse musculaire, tout en réduisant le taux de graisse. L’agence mondiale antidopage le classe même dans la liste des produits interdits en compétition. Dans le cadre de l’élevage porcin, il permet d’obtenir des porcs plus lourds, plus musclés, plus rapidement.

 

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