Un milliard annoncé… et quasi rien pour les agriculteurs !

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Christian Arvis et Séverine Bry, président et secrétaire générale de la FDSEA de la Creuse. Crédits : © HC

La FDSEA de la Creuse dénonce les effets d’annonce du Gouvernement et exige des réponses à la hauteur de la crise.

Un milliard d’euros. Voilà le chiffre brandi par le Gouvernement pour répondre à la crise agricole et climatique. Un chiffre qui impressionne sur le papier, mais qui, sur le terrain, laisse les agricultrices et les agriculteurs creusois avec les mêmes interrogations : combien d’argent réellement nouveau arrivera dans les fermes, pour qui, à quelle hauteur et surtout quand ?

Car derrière les annonces, une grande partie des dispositifs présentés existe déjà : accélération de l’Indemnité de solidarité nationale (ISN), calamités agricoles, dégrèvement de taxe sur le foncier non bâti, échéanciers MSA… Ces mécanismes sont nécessaires, mais ils ne constituent pas à eux seuls un véritable plan de sauvetage à la hauteur de la crise exceptionnelle que traversent les exploitations.

Pour Christian Arvis, président de la FDSEA de la Creuse, le constat est sans ambiguïté : « Les agricultrices et les agriculteurs ne peuvent pas payer les effets d’annonce du Gouvernement. Un milliard annoncé ne veut pas dire un milliard qui arrive dans les fermes. Ce que nous attendons aujourd’hui, ce sont des mesures concrètes. Les factures, elles, n’attendent pas. »

Une crise qui frappe les trésoreries

Après un printemps et un été marqués par des conditions climatiques particulièrement difficiles, les exploitations subissent des pertes de rendement, des difficultés de production et de fourrage, ainsi qu’une dégradation importante de leurs trésoreries.

Dans les fermes, les échéances continuent pourtant de tomber : alimentation des animaux, charges sociales, emprunts bancaires, investissements, fournisseurs… Une exploitation ne peut pas fonctionner avec des annonces. Elle a besoin de trésorerie pour passer le cap.

« Les agriculteurs ont déjà fait face à des crises successives. Aujourd’hui, pour certains, la situation devient tout simplement intenable », souligne Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA de la Creuse. « La FDSEA refuse que les agriculteurs soient une nouvelle fois invités à patienter : patienter jusqu’à une commission, jusqu’à un formulaire, jusqu’à un contrôle supplémentaire… Quand une ferme est en difficulté, chaque semaine compte. Il faut des décisions et de l’argent rapidement. »

Un milliard sur le papier… Mais combien pour la Creuse ?

La question est simple. Quelle part de ce milliard bénéficiera réellement aux agriculteurs creusois ?

La FDSEA demande au Gouvernement de sortir des chiffres globaux et de donner des réponses précises. Combien d’euros réellement nouveaux seront consacrés aux exploitations ? Combien d’exploitations creusoises pourront bénéficier des dispositifs ? À quelle hauteur seront-elles indemnisées ? Et surtout, à quelle date les aides seront-elles effectivement versées ? Parce qu’une trésorerie agricole ne se paie pas avec des communiqués de presse. Les agriculteurs creusois n’ont pas besoin de communication. Ils ont besoin de trésorerie.

Une véritable année blanche bancaire et sociale

Pour les exploitations les plus durement touchées, de simples reports d’échéances ne suffiront pas. La FDSEA de la Creuse demande donc une véritable année blanche bancaire et sociale pour les exploitations confrontées aux conséquences de la crise. Il ne s’agit pas de repousser le problème de quelques mois pour retrouver les mêmes échéances demain. Il s’agit de permettre aux fermes les plus fragilisées de respirer, de préserver leur capacité de production et de continuer leur activité. Pas une échéance de plus qui étrangle une ferme. Pas une exploitation sacrifiée faute de trésorerie.

Les contrôles doivent cesser d’être une priorité

Le Gouvernement annonce une adaptation et une réduction de certains contrôles. Pour la FDSEA de la Creuse, cela ne suffit pas. Lorsqu’un agriculteur se bat pour nourrir ses animaux, payer ses salariés, ses fournisseurs et maintenir son exploitation à flot, la priorité de l’administration doit être l’accompagnement, pas la pression supplémentaire. La FDSEA demande donc une pause réelle et effective des contrôles dans les exploitations les plus durement touchées.

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« La FDSEA ne demande pas un traitement de faveur. Elle demande du bon sens. Quand une ferme est confrontée à une situation climatique exceptionnelle et à une trésorerie dégradée, l’administration doit être aux côtés de l’agriculteur. Il faut arrêter d’ajouter de la contrainte à la difficulté », insiste Séverine Bry.

Des actes, pas des chèques en blanc

Les agriculteurs ont déjà beaucoup donné. Ils continuent de produire malgré les crises, les contraintes et l’incertitude. Ils continuent d’investir, de travailler et de nourrir la population avec des revenus qui restent trop souvent insuffisants. Aujourd’hui, c’est au Gouvernement de prendre ses responsabilités.

La FDSEA de la Creuse demande

- des crédits réellement nouveaux, clairement identifiés et distincts des dispositifs habituels ;

- des indemnisations rapides et à la hauteur des pertes réellement subies ;

- un soutien massif aux trésoreries des exploitations ;

- des solutions concrètes et rapides pour les besoins en fourrage ;

- une véritable année blanche bancaire et sociale pour les exploitations les plus fragilisées ;

- une pause effective des contrôles dans les fermes.

La FDSEA de la Creuse le dit clairement, les effets d’annonce ne suffiront pas à sauver les exploitations les plus fragiles. Elle demande des chiffres précis, la transparence sur les crédits réellement nouveaux et une visibilité sur les montants qui bénéficieront concrètement aux agriculteurs creusois. Surtout, elle demande que les mesures arrivent maintenant, et non dans plusieurs mois.

« Les agriculteurs ne demandent pas la charité. Ils demandent simplement les moyens de continuer à produire. Si le Gouvernement répond à une crise exceptionnelle par des mesures insuffisantes et des effets d’annonce, il ne doit pas s’étonner que la déception se transforme en colère » résume Christian Arvis. « La crise est grave. Les agricultrices et les agriculteurs attendent des réponses à la hauteur. Le compte à rebours est lancé. La FDSEA de la Creuse attend des actes ».

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