Une récente étude quantifie, grâce à des analyses d’images satellites, comment l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a provoqué un déclin de rendement dans des champs de blé ukrainiens près des zones de combat.
Un déclin de 20 % de la biomasse produite dans les parcelles de blés
Quels impacts de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur les rendements agricoles ? Une étude, publiée le 5 novembre dans Environnemental Research Letters, s’est penchée sur la question. Les scientifiques ont montré que l’invasion Russe en 2022 a provoqué une diminution de 20 % de la biomasse aérienne sèche dans les parcelles de blé ukrainiennes à proximité des zones de combat. Pour cause, l’abandon des cultures par les agriculteurs à cause la guerre. Cela « aurait causé un déficit d’irrigation et surtout en apports azotés en cours de campagne », explique le Centre d'études spatiales de la biosphère (Cesbio), à l’origine de l’étude.
Comment les scientifiques sont-ils arrivés à ces résultats ?
Pour arriver à ces résultats, les scientifiques ont utilisé des images satellites haute résolution ainsi que des modèles de croissance des cultures dans deux régions ukrainiennes. La première région est une près de Poltava, située au nord du pays et non occupée par la Russie en 2022. La seconde est la région près de Kherson, située au sud du pays et occupée en partie par la Russie. Les analyses des scientifiques ont permis de modéliser les quantités de biomasse aérienne sèche dans les champs de blé de chaque région de 2020 à 2022. Et la comparaison entre les deux régions révèle un effet de l’invasion russe en 2022 seulement dans la région occupée au sud.
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Quel lien avec les perturbations commerciales liées au blé ukrainien ?
Mais cette diminution de rendement observée n’explique pas à elle seule les perturbations commerciales sur le blé ukrainien. L’étude indique que d’autres processus « liés à la qualité des récoltes, à la défaillance de la logistique des exportations et au commerce international » doivent être pris en compte « pour comprendre pleinement la perturbation mondiale de la chaîne d’approvisionnement du blé en 2022 ».