Savoir dire non à l'achat de terres quand on est agriculteur, c'est plus facile à dire qu'à faire, vu l'attrait qu'exerce le foncier sur nos esprits terriens. Pour Romain Erard, d'AS Cefigam 55, un projet d'achat est une bonne occasion de prendre du recul.
« Avant d’acheter des terres, il faut acheter des chaises » : s’asseoir, prendre du recul, voire poser un regard critique sur le fonctionnement de votre exploitation. « Regardez ce que vous faites bien et ce que vous faites moins bien », recommande Romain Erard, conseiller d’entreprise à AS Cefigam 55. Bien sûr, les critères économiques sont fondamentaux pour convaincre la banque mais pas seulement. « Si, en régime de croisière dans un système polyculture élevage conventionnel, le ratio de 35 à 40 % d’EBE/produit brut n’est pas atteint, il faut chercher d’où ça peut venir », souligne l’expert, qui attire l’attention sur la charge de travail hebdomadaire des agriculteurs.
« Si vous n’avez pas le temps de tout bien faire et que le volume de travail est déjà important, est-il pertinent d’aller chercher des hectares ? En réalisant une approche globale de l’exploitation, on identifie régulièrement des situations où l’EBE peut être amélioré pour un temps de travail plus raisonnable, sans qu’il soit nécessaire de s’agrandir. »
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