La Chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres tire la sonnette d’alarme après une enquête menée auprès des 8000 exploitants des deux départements. Ses résultats montrent, selon elle, que « la sécheresse agit comme un accélérateur d’une fragilité économique préexistante ».
Trois quarts (76%) des exploitations de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres se déclarent en grandes difficultés économiques, 91% expriment une souffrance psychologique et un fort découragement et 64% envisagent d’arrêter leur activité. Tels sont les résultats d’une enquête réalisée par la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres en ligne en juillet dernier. Avec 1400 répondants sur une population estimée à 8 000 exploitants sur les deux départements situés en zone intermédiaire, la chambre estime que l’enquête repose sur un échantillon significatif et représentatif avec « un niveau de robustesse statistique élevé ».
« Le principal enseignement est qu’il s’agit autant d’une crise économique que climatique », conclut la Chambre d’agriculture à l’issue de cette étude. « La sécheresse agit comme un accélérateur d’une fragilité économique préexistante », analyse-t-elle alors que les trois préoccupations principales qui émergent de l’enquête auprès des agriculteurs sont : « les charges d’exploitation trop élevées » (944 réponses sur 1400), « un manque d’eau pour les cultures » (860 réponses) et « un besoin d’aide de trésorerie » (794 demandes de soutien).
Une production en berne et des situations financières fragiles
Sur 1400 agriculteurs ayant répondu à l’enquête, 752 ont déclaré produire cette année entre 50 à 75% du niveau d’une année normale et 406 sous les 50%. Concernant la santé financière de leur exploitation, 896 agriculteurs déclarent leur situation économique comme « fragile » ou « très préoccupante » et 698 « indiquent que leur trésorerie ne leur permettra pas de passer six mois sereinement », souligne la chambre d’agriculture. « 797 exploitants estiment avoir besoin de plus de 10 000 euros pour traverser la période » et « 512 de plus de 20 000 euros ».
Sans surprise cette situation affecte le moral des exploitants agricoles, avec la moitié des répondants qualifiant leur moral de « dégradé » voire « très dégradé », 691 déclarent se sentir « isolés ou très isolés » et 847 se considèrent comme « pas suffisamment accompagnés ».
Autre « signal d’alerte majeur » selon la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres : 897 agriculteurs déclarent avoir déjà envisagé l’arrêt de leur activité (dont 527 occasionnellement, 297 sérieusement et 73 à court terme).
La chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres réclame « une plan de sauvergarde exceptionnel »
A l’issue de cette enquête, alors que le ministère de l'Agriculture prépare un plan sécheresse, la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres réclame « un plan de sauvegarde exceptionnel pour l’agriculture » avec la mise en place d’un dispositif d’aides d’urgence à la trésorerie, « une année blanche sur les emprunts agricoles avec prise en charge par l’Etat du capital et des intérêts », et « une année blanche sur les cotisations sociales MSA, financée par l’Etat ».