« 10 août, on ensile le maïs. Du jamais vu depuis 45 ans… » témoigne sur twitter Mathieu Courgeau, agriculteur vendéen et président de Pour une autre Pac. Même date de début des travaux d’ensilage pour son voisin éleveur de bovins Maxime Moinard.
« Arrêt de l’irrigation il y a une semaine +35°C et vent de Nord-Est = le maïs sèche à vue d’œil ! », explique l’agriculteur de Vendée sur twitter, qui a avancé en catastrophe son chantier de 8 jours. Son entreprise de travaux agricoles (ETA) a pu lui trouver deux créneaux en matinée en ce milieu de semaine.
Arrêt de l'irrigation il y a une semaine
➕ 35⁰C et vent de Nord-est
🟰 le maïs sèche à vue d'oeil !
Benoît Mallinger, jeune céréalier en Haute-Marne, a pour sa part débuté les ensilages demaïs fourrager le 9 août : « du jamais vu », s’inquiète-t-il sur twitter : « la précocité en dit long sur le tas dans le silo ».
Un sentiment partagé par Muriel Penon, agricultrice en Charente-Maritime. « Première fois de ma carrière d’agricultrice que je fais une journée d’ensilage de maïs avant un 10 août ! », poste-t-elle le 9 août sur le réseau social.
La sécheresse se fait aussi sentir dans ses prairies. « Plus un brin de vert, il est urgent de rapatrier toutes ces dames (des vaches limousines, NDLR) à la maison… et de commencer à taper dans les stocks de foin de l’hiver prochain », témoigne-t-elle ce mercredi 10 août.
Dans l’est de la France, en Côte d’Or, des agriculteurs témoignent aussi des effets de la sécheresse. « La sécheresse perdure depuis des mois avec des pics de températures supérieures à 35°C. Cette semaine on va ensiler les maïs avec 1 mois d’avance », confiait dès lundi 8 août Guy-Noël Verdot, sur twitter.
La sécheresse perdure depuis des mois avec des pics de températures supérieures à 35°C
Cette semaine on va ensiler les maïs avec 1 mois d'avance pic.twitter.com/biKS0OwYPj
Pour Matthias Menard, éleveur laitier à Chemillé dans le Maine-et-Loire, les travaux d’ensilage de son maïs ont débuté dès le 4 août. « Même avec 3 passages d’eau, la sécheresse en sera venue à bout. Si on nous facilite pas la possibilité de stocker de l’eau, j’ai peur que l’élevage ne perdure pas sur ce genre de ferme au parcellaire superficiel», s’alarme-t-il sur twitter.
Sans sa note du 3 août, l’institut Arvalis annonçait de nombreux chantiers d’ensilage prévus avant le 10 août, notamment en régions Rhône-Alpes, France-Comté et Poitou, suivies rapidement par les régions Pays de la Loire, Nord Aquitaine, Centre, Lorraine et Champagne. En prenant en compte les températures relevées jusqu’au 30 juillet et les valeurs prévues jusqu’au 8 août, Arvalis mettait ainsi à jour sa carte de prévision du début de récolte du maïs fourrage (voir la précédente cartehttps://www.reussir.fr/lait/face-la-canicule-des-recoltes-des-mais-encore-plus-precoces)
« Aucune pluie significative n’est annoncée pour les prochains jours et les températures vont rester au-dessus des normales. L’évolution rapide des maïs va donc se poursuivre, notamment dans les terres les moins profondes », prévenait l’Institut le 3 août.