Entre récoltes de châtaignes détruites et prairies dévastées, JA48 et la FDSEA48 dénoncent une double peine et réclament six mesures concrètes pour renforcer la régulation des sangliers.
Les dégâts de sangliers en recrudescence sur les parcelles agricoles de Lozère
En Lozère, la sécheresse ne suffit pas : les dégâts de sangliers viennent encore fragiliser les exploitations agricoles. Dans les Cévennes, certains castanéiculteurs voient les fruits consommés au sol avant même de pouvoir les récolter. Dans le sud du département, des prairies fraîchement ressemées pour reconstituer les stocks fourragers sont ravagées.
La production de châtaigne impactée par les dégâts de sangliers
« Les agriculteurs subissent une double peine. Après la sécheresse, ils doivent faire face à des pertes supplémentaires et à des charges qu’ils ne peuvent plus supporter », alertent JA48 et la FDSEA48 dans un communiqué commun.
Pour la filière châtaigne, les conséquences touchent aussi les volumes transformés, les débouchés économiques et l’avenir de cette production emblématique des Cévennes.
La FDSEA et les JA de Lozère réclament six mesures pour une régulation efficace des sangliers
Face à l’insuffisance des dispositifs de protection actuels, les deux syndicats demandent aux services de l’État d’agir rapidement et de prendre en compte les réalités du terrain. Leurs revendications s’articulent autour de six mesures :
Autoriser le piégeage par cages. Les syndicats demandent que les agriculteurs puissent accéder à ces dispositifs, selon des modalités encadrées, sur le modèle de ce qui existe dans les départements voisins de l’Ardèche et du Gard.
Faciliter les interventions des agriculteurs chasseurs. Ceux qui disposent des droits et autorisations nécessaires doivent pouvoir intervenir de jour comme de nuit sur les animaux responsables des dégâts, dans un cadre réglementaire adapté.
Autoriser les équipements de visée nocturne. Leur utilisation doit être rendue possible sous conditions clairement définies, les dégâts survenant principalement la nuit.
Renforcer les moyens des lieutenants de louveterie. Pour les agriculteurs non chasseurs, les syndicats réclament des interventions rapides après signalement de dégâts avérés, ainsi que des effectifs et des équipements renforcés.
Faciliter l’intervention des chasseurs locaux. Les agriculteurs doivent pouvoir déléguer leur droit de tir, de jour comme de nuit, aux chasseurs de leur choix sur les parcelles touchées, lorsqu’ils ne peuvent intervenir eux-mêmes.
Supprimer les réserves à sangliers. JA48 et la FDSEA48 demandent notamment la suppression de ces réserves dans le Parc national des Cévennes, afin de permettre aux chasseurs locaux et aux équipes de chasse de réguler les populations en battue, à l’affût ou à l’approche sur l’ensemble du territoire concerné.
« Les agriculteurs ne peuvent assumer seuls le coût de protection parfois inadaptés »
Pour les syndicats, les solutions actuelles – effaroucheurs et clôtures – montrent leurs limites face aux contraintes du relief, au morcellement des parcelles et aux pratiques d’élevage. Les agriculteurs ne peuvent pas assumer seuls le coût de protections parfois inadaptées.
« Attendre plusieurs jours ou semaines, multiplier les formulaires et accumuler les démarches administratives ne permettra ni de sauver une récolte de châtaignes, ni de préserver des semis, ni de remettre en état des prairies dévastées », dénoncent les deux organisations.
JA48 et la FDSEA48 appellent les services de l’État à prendre leurs responsabilités. Elles réclament « des procédures simplifiées, des décisions rapides et des moyens opérationnels » pour mettre fin à des dégâts qui fragilisent les exploitations et menacent une filière emblématique du territoire.