Le Parlement européen a rejeté le 22 novembre la proposition de la Commission européenne relative à l’utilisation durable des produits phytopharmaceutiques, dit règlement SUR. À la suite d’un débat qui s’est tenu le mardi 21 novembre, 299 députés ont voté mercredi en plénière pour rejeter la proposition de la Commission telle qu’amendée, 207 députés l'ont soutenue et 121 se sont abstenus.
Un texte amendé par la droite puis rejeté par la gauche
Lors de l’examen du texte, les eurodéputés de droite et d’extrême droite ont adopté des amendements alternatifs soumis par la commission de l’Agriculture qui, notamment, reportaient à 2035 l’atteinte des objectifs de réductions des pesticides et limitaient les contraintes dans les zones sensibles. Les députés Verts, la Gauche, une partie des socio-démocrates et des centristes ont donc décidé de ne pas donner leur aval à ce texte qu’ils ont jugé beaucoup trop affaibli.
La balle est dans le camp des ministres de l’agriculture européens
Suite à ce rejet, la rapporteure du texte, la Verte autrichienne Sarah Wiener, a demandé son renvoi en commission de l’Environnement pour reprendre le travail mais cette demande a été rejetée par les députés de droite et d’extrême droite.
La balle est donc désormais entre les mains des ministres de l'Agriculture de l'UE qui vont devoir décider s'ils poursuivent l'examen du règlement en vue de soumettre leur position au Parlement européen pour une seconde lecture. Ils devraient en discuter lors de leur réunion du 11 décembre à Bruxelles. La Commission européenne pourrait aussi choisir de retirer sa proposition en vue d’en présenter une nouvelle, soulignent confrères d’Agra Presse.
Pour rappel, ce règlement SUR proposé par la Commission européenne le 22 juin 2022 et qui visait à réduire la consommation despesticides de 50% d’ici 2030 en Europe constituait un élément phare du Pacte vert pour l’Europe.
Il faut en finir avec des textes idéalistes, commente Christiane Lambert
Christiane Lambert, présidente du Copa-Cogeca, a réagi sur X (ex-twitter) en affirmant qu’après de rejet du texte, « le dialogue stratégique voulu par la présidente Von Der Leyen[était] urgent pour écouter ceux qui subissent les directives » et qu’il « fallait en finir avec des textes idéalistes, top/down, déconnectés des réalités qui mettent en danger la souveraineté alimentaire ».
L’AGPB et la CGB se félicitent du rejet du règlement SUR
« Le rejet du règlement SUR par le Parlement européen est une victoire pour l’agriculture européenne » ont pour leur part réagi Les nouveaux céréaliers (AGPB) sur X, voyant dans ce rejet « une reconnaissance des réalités du terrain vécues par les agriculteurs face aux dogmatismes hors-sol ». Et l’organisation d’appeler « la France à faire preuve du même réalisme dans les mois à venir ».
La France doit faire preuve du même réalisme
Le rejet du règlement #SUR par @EUparliament est une victoire pour l'Agriculture européenne C'est une reconnaissance des réalités du terrain vécues par les agriculteurs face aux dogmatismes hors-sol Nous appelons la France à faire preuve du même réalisme dans les mois à venir ! pic.twitter.com/e2gCsuckbY
De son côté la Confédération générale de la betterave (CGB) a salué le rejet du règlement SUR, remerciant « les eurodéputés qui ont su écouter le terrain et les agriculteurs ». Et d’inciter également la France à arrêter « les surtranspositions ».
Un point de vue exprimé également par la FNSEA sur X ce jeudi 23 novembre.