À Saint-Étienne-de-Maurs, le syndicat Célé Lot Médian a réuni des élus autour d’un exercice grandeur nature consacré à la gestion d’une inondation. Leur capacité à s’organiser et à décider en situation de crise était testée.
Inondation : les élus s’entraînent à gérer la crise
À Saint-Étienne-de-Maurs, un exercice de simulation a permis aux maires et aux agents techniques de tester leur organisation face à une montée des eaux. Un entraînement concret pour améliorer la prévention et savoir réagir lorsque la situation se dégrade.
La réunion organisée par le syndicat Célé Lot Médian (1) préparait les élus à réagir lorsque l’eau monte. Elle inaugurait aussi "CéLot’omne", une saison d’animations ouvertes au grand public autour de l’eau et de la rivière.
Mercredi 7 octobre, pas de sirènes ni d’eau dans les rues, mais une situation réaliste pour mettre les réflexes à l’épreuve : échanges d’expérience, gestion de crise et jeu de rôle. Chacun tenait son propre rôle, du maire à l’agent technique, en passant par les représentants du syndicat. Comme lors d’une véritable crise, les informations arrivaient progressivement, avec des décisions à prendre et des imprévus à gérer.
Tester le plan communal de sauvegarde
La journée était animée par Anthony Veiga, chargé de projet territorial à l’Institut des risques majeurs (IRMa), basé à Grenoble. L’association intervient notamment dans la formation, la sensibilisation et l’organisation d’exercices de gestion de crise auprès des collectivités.
Face aux élus, l’objectif était de tester le fonctionnement d’un plan communal de sauvegarde (PCS). "L’enjeu, c’est que vous ayez un PCS opérationnel, qui fonctionne", expliquait Anthony Veiga. La simulation devait permettre de répartir les rôles, de la décision du maire à l’intervention sur le terrain, et de voir comment chacun réagit aux imprévus.
Pour François Labrunie, maire de Saint-Étienne-de-Maurs, l’exercice faisait écho aux fortes précipitations de février dernier. Le dispositif de veille et d’alerte du syndicat avait permis de suivre la montée des eaux et d’anticiper une aggravation.
"On a vraiment constitué une cellule de crise sur le terrain", se remémore l’élu. Ce jour-là, pompiers, gendarmes et techniciens du syndicat étaient réellement mobilisés. Quand les niveaux ont continué à monter, ils ont fait du porte-à-porte pour préparer les habitants, sans les affoler. Une salle était prête pour une éventuelle évacuation, finalement inutile.
Cette expérience a confirmé l’intérêt de l’entraînement. "Quand on est bien organisé, ça amène de la sérénité. Ça permet d’expliquer aux gens sans affolement." Les habitants, précise le maire, ont plutôt bien réagi. Certains sont ensuite venus échanger avec les équipes.
L’enjeu est aussi de faire du PCS un outil réellement utilisable, plutôt qu’un simple document rangé dans un placard de mairie. Pour le président de Célé Lot Médian, le renouvellement des équipes municipales rend l’exercice d’autant plus nécessaire : "Tous les six ans, entre 30 et 40 % des élus locaux changent."
Quand on est bien organisé, ça amène de la sérénité. Ça permet d’expliquer aux gens sans affolement. » François Labrunie, maire de Saint-Étienne-de-Maurs
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Selon Benjamin Fraysse, deux questions se posent : connaît-on les risques de son territoire et s’est-on entraîné à y répondre ? La préparation ne garantit pas que tout se déroulera parfaitement, mais elle permet d’éviter la panique et de gagner en efficacité lorsque la situation se dégrade.
C’est tout l’intérêt du jeu de rôle. Le scénario ne reproduisait pas le territoire des participants, mais reprenait des enjeux comparables. Chacun prenait sa place dans une cellule de crise, confrontée à des événements inattendus qui faisaient évoluer la situation.
Un retour d’expérience a ensuite permis de faire le parallèle avec les communes représentées. Pour Anthony Veiga, le PCS doit être "un outil au service des élus". Il mérite d’être utilisé régulièrement, même en dehors d’une crise majeure. L’entraînement renforce la cohésion des équipes et permet à chacun de savoir quoi faire le jour venu.
Des cours d’eau parfois sous les rues de Maurs
La journée rappelait aussi l’étendue des interventions du syndicat Célé Lot Médian. Neuf communautés de communes et une communauté d’agglomération lui ont confié la compétence Gemapi, qui comprend la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations.
Plusieurs dossiers sont en cours, notamment à Maurs, où un réseau de cours d’eau busés traverse la zone urbaine. Certaines canalisations, installées dans les années 1960 et 1970, vieillissent. Un embâcle peut obstruer une canalisation, réduire l’écoulement et faire monter les eaux en amont.
Le risque d’inondation pourrait donc se manifester au cœur d’une zone urbanisée plutôt que dans le lit de la rivière. Les études avancent, avec un objectif de premiers chantiers au printemps prochain.
Retenir l’eau pour limiter les inondations
Le syndicat intervient également dans la restauration des zones humides. Leur capacité à retenir l’eau constitue un levier face aux sécheresses. Des conventions encadrent les usages, notamment avec les agriculteurs. Ces milieux peuvent aussi absorber de grandes quantités de pluie et contribuer à limiter les inondations lors d’épisodes pluvieux.
Le syndicat restaure par ailleurs les milieux naturels et résorbe d’anciennes décharges en bord de rivière. On y retrouve encore des microparticules de plastique de l’ordre du micron, invisibles à l’œil nu, mais qui détériorent fortement le milieu.
Avec "CéLot’omne", ces questions sortiront du cercle des élus et des techniciens. La manifestation doit permettre au grand public de mieux connaître les rivières, les milieux aquatiques et les risques associés. L’exercice de Saint-Étienne-de-Maurs en constituait la première étape : préparer ceux qui devront décider si la rivière sort de son lit.
(1) Une équipe de 25 équivalents temps plein est au service de dix intercommunautés - dont la Châtaigneraie cantalienne - répartis dans trois départements.