Pyrénées-Orientales : Inauguration de la plus grande installation de réutilisation des eaux usées traitées de France pour l’irrigation agricole

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L’eau sortant de l’unité de traitement est ensuite distribuée à 56 agriculteurs pour irriguer au goutte-à-goutte 660 hectares de vergers et de vignes. Crédits : © CC AVCI

La communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris et Veolia ont inauguré à Argelès-sur-Mer, le samedi 20 juin, la plus grande installation de réutilisation des eaux usées traitées du territoire à destination de l’agriculture. Jusqu’à 1,3 million de mètres cubes d’eaux usées devraient être recyclés chaque année. 

« Ce projet ouvre la voie à une gestion plus responsable, plus résiliente et plus innovante de la ressource en eau », s’est félicité Grégory Marty, président de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris (CC ACVI). C’est à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales que la CC ACVI et le groupe Veolia ont inauguré, le 20 juin 2026, « la plus grande installation de réutilisation [REUT] des eaux usées traitées de France pour l’irrigation agricole », rapporte un communiqué de l’entreprise.

Mis en service en avril 2026, le projet permettra de recycler jusqu’à 1,3 million de m3 d’eaux usées chaque année entre avril et septembre. Soit l’équivalent « d’un quart des prélèvements annuels d’eau potable du territoire », qui compte 15 communes et 56 000 habitants (jusqu’à 200 000 en période estivale), indique Veolia. L’eau traitée sera ensuite distribuée à 56 agriculteurs pour irriguer au goutte-à-goutte 660 hectares de vergers et de vignes. 

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Un investissement de plus de 13 millions d’euros  

En pratique, l’eau est pompée en sortie de la station d’épuration de la régie des eaux de la commune. Elle est ensuite préfiltrée puis ultrafiltrée avec 13 300 m² de membranes, « l’équivalent de deux stades de rugby », illustre Veolia. Après sa désinfection, l’eau est envoyée sur le réseau de distribution.  

L’eau traitée issue de ce processus atteint la catégorie A, la plus exigeante de la réglementation française, d’après le groupe spécialisé dans les technologies de l’eau. Cette classe « convient à l’irrigation de cultures consommées crues ou à l’arrosage d’espaces publics accessibles », précise le service Eaufrance.

Le chantier pour construire l’unité de traitement et les quelque 17 km de canalisations, représente un investissement de 13,24 millions d’euros, financé à 80 % par des fonds publics externes nationaux et européens.  

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Le département est l’un des territoires les plus touchés par le déficit hydrique. Depuis les épisodes de sécheresse de 2022 et 2024, les Pyrénées-Orientales peinent à retrouver des niveaux de nappes satisfaisants. Le projet vise alors à limiter l’impact des restrictions sur l’irrigation : l’eau REUT n’est pas concernée par celles-ci. 

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Cette station de traitement s’inscrit dans le Plan eau publié par le ministère de la Transition écologique en 2023. La REUT fait partie des 53 mesures visant à « s'adapter dès aujourd'hui et à changer nos habitudes pour mieux préserver la ressource ». Au moment de sa publication, le rapport ambitionnait le développement de 1 000 projets de valorisation des eaux non conventionnelles (dont REUT mais aussi eau de pluie et eaux grises) d’ici 2027. Trois ans plus tard, d’après un bilan publié en avril 2026, 500 projets ont vu le jour sur le territoire. 

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