Les baisses consenties sont limitées. Des fondamentaux haussiers inspirent méfiance aux fabricants.
La chute des cours des céréales ne doit pas être prise comme argent comptant dans les filières animales et chez les distributeurs. D’autres coûts de production résistent et inspirent la plus grande prudence aux fabricants d’aliments. C’est le cas du soja, des micronutriments, et surtout des énergies qui représentent 20 à 30 % du coût d’un aliment livré.
L’impact de la baisse des prix céréaliers sur les aliments composés est régulier mais modéré. Cela a commencé en juin pour les porcs, les plus consommateurs de céréales. Les coopératives en consentiraient leur quatrième baisse d’après l’enquête Coop de France Nutrition Animale. La baisse de 10 à 15 % vient soutenir des trésoreries plutôt à sec. La diminution s’est fait ressentir plus tardivement dans la volaille, plus consommatrice de soja, dans des proportions de 5 à 10 %. Elle ne fait que débuter chez les ruminants, mais devrait toutefois persister en raison de ciseaux des prix défavorables en production laitière.
En dépit de ces améliorations, l’analyste de la banque néerlandaise Rabobank considère que les coûts de l’énergie vont affecter les élevages. Au syndicat britannique NFU, le conseiller en production de volaille lui a signalé la hausse d’autres moyens de production comme celui de l’eau.
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L’analyste de la Rabobank précise différents délais de réponse à la baisse des prix céréaliers : rapide en production avicole (3 à 6 mois) en raison de cycles courts de production, ces délais s’allongent pour le porc (plus d’un an) et sont d’au moins deux ans pour la viande de bœuf.
« On va rester bien au-dessus des prix alimentaires d’avant la hausse », avertit le directeur de Coop de France NA. L’indice des prix des matières premières est à 140 contre 90 au premier semestre 2007. Il relativise : les coûts compris entre la mi-2004 et la mi-2007 pouvaient être considérés comme très bas.
Du côté du secteur privé, le p-dg d’Evialis a déclaré la semaine dernière qu’il s’attendait à une nouvelle hausse des prix. La sortie des capitaux des marchés à terme des matières premières a contribué à la détente, a-t-il expliqué. Reste un déterminant « fondamental » : la faiblesse des stocks mondiaux : aux alentours des 20 % des utilisations pour le blé et le soja, et de 13 % pour le maïs. Les niveaux renouent avec les plus bas des années soixante et soixante-dix pour les céréales. Le tableau de bord du groupe indique une forte volatilité du marché et une accélération du prix des matières premières toutes confondues. Le premier semestre 2008, comparé au premier semestre 2007, montre un surcoût de 27 % des aliments. Le soja (+ 62 %), le pétrole (+ 72 %) et la vitamine E (4 fois plus chère) enregistrent les plus fortes hausses. Et la chute amorcée en juin semble même s’infléchir en septembre…