Port Atlantique La Rochelle comptabilise un peu plus de 2,6 t d’exportations de grains sur la campagne qui vient de s’achever (dont 1,37 Mt de blé tendre, 842 000 t d’orge et 385 000 t de maïs), contre 4,7 Mt en 2019/2020 (dont 3,6 Mt de blé, 1 Mt d’orge et 111 500 t de maïs). Rappelons que la récolte céréalière 2020 au niveau national a reculé de 20 % par rapport à 2019, passant de 71,2 Mt à 57,7 Mt, selon Agreste.
Des baisses de chargements hétérogènes
Si Sica Atlantique a chargé 50 % de grains en moins d’une campagne sur l’autre (soit 1,47 Mt, dont 550 000 t de blé tendre, 360 000 t d’orge, 140 000 t de blé dur et 110 000 t de maïs), Socomac (groupe Soufflet) n’en a expédié que 30 % en moins (soit 1,38 Mt, dont 42 % de blé tendre, 25 % de maïs et 22 % d’orge). « Nous avons effectué une bonne campagne d’exportation en maïs et en orge. Ce sont les chargements de blé tendre qui ont le plus reculé, en raison de la faiblesse de l’offre disponible et non de l’intérêt acheteur », souligne Jean-François Lepy, directeur général de Soufflet Négoce. Et Vincent Poudevigne, directeur général du groupe Sica Atlantique, de commenter : « Pour notre part, nous sommes justes contents de clôturer cette campagne 2020/2021 et d’en commencer une nouvelle… ».
La Chine, comme principale destination sur pays tiers
Au niveau du grand port maritime, la Chine représente le premier débouché avec près de 25 % du tonnage global exporté, soit 629 372 t d’orge et 16 806 t de blé dur. Sica Atlantique a chargé 30 % de la totalité de ses exportations sur cette destination, tandis que Socomac y en a expédié 15 %.
Pour les deux silos portuaires, l’Afrique de l’Ouest (ou subsaharienne) est le deuxième débouché, les pays du Maghreb n’ayant que très peu acheté de céréales françaises sur la campagne 2020/2021 (13 145 t par l’Algérie, 7 980 t par la Tunisie, 0 t sur le Maroc). « Socomac a très peu exporté sur le Maghreb pour des raisons conjoncturelles liées aux prix. Les marchandises sur l’hinterland du Port Atlantique La Rochelle étaient plus chères, car moins disponibles, que celles de la zone d’approvisionnement du port de Rouen, dont les volumes étaient plus importants », explique Jean-François Lepy. Et Vincent Poudevigne de préciser : « Pour rappel, en 2019/2020, nous avons exporté 430 00 t sur l’Algérie, 130 000 t sur le Maroc, 55 000 t sur la Tunisie ainsi que 250 000 t sur l’Arabie saoudite ».
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Quant à l’UE (Royaume-Uni inclus), elle représente 27 % des volumes exportés par Sica Atlantique (avec le Royaume-Uni, le Portugal, les Pays-Bas et l’Italie comme principales destinations) et un peu plus de 50 % de tonnages chargés par Socomac.
De bonnes perspectives pour la campagne 2021/2022
« La campagne 2021/2022 s’annonce bien. En orge, rendement et qualité sont plutôt bons. En blé tendre, à l’instant t, si les rendements sont attendus corrects, aucune information ne circule sur la qualité. Seul bémol, la pluie retarde la récolte d’orge qui risque de se télescoper avec celle de blé tendre, avec à la clé des problèmes logistiques pour dégager la marchandise », affirme Vincent Poudevigne. Et Jean-François Lepy d’ajouter : « Il faudrait que le temps tourne au beau et au sec pour éviter tout problème qualitatif sur les blés (temps de chute de Hagberg, poids spécifique, fusariose…) mais il n’y a pas péril en la demeure pour l’instant. Nous sommes déjà assurés d’avoir une quantité importante de céréales à paille d’hiver et de printemps ».
Avec un disponible exportable qui s’annonce plus volumineux que la campagne dernière, les opérateurs sont confiants en l’avenir. D’autant qu’« il semblerait qu’il y ait un programme d’exportation sur les ports français déjà en place sur les mois d’été et d’automne en blé tendre et en orge. Reste à savoir si ces rumeurs vont s’avérer », conclut Jean-François Lepy.
Vers une optimisation des infrastructures ferroviaires portuaires
S’il n’est pas le mode d’acheminement majoritaire, le transport ferroviaire est incontournable, en termes de report modal. « Plus la récolte est imposante, plus la part du train est importante », témoigne Vincent Poudevigne, directeur général du groupe Sica Atlantique, dont la voie ferrée représente entre 25 % et 35 % des livraisons de grains de ses installations portuaires et la route entre 65 % et 75 %, selon les campagnes.
Pour soutenir le développement du pré et post acheminement des marchandises par voie ferroviaire, qui s’élèvent aujourd’hui à 14 %, Port Atlantique La Rochelle a programmé 2,45 M€ de travaux sur les infrastructures ferroviaires portuaires. La réhabilitation de 750 mètres linéaires pour la voie 55 sur le terminal de Chef de Baie et celle du Poste P, poste d’aiguillage de Vaugouin à l’entrée du réseau ferroviaire portuaire, coûteront 900 000 €, selon la lettre d’information de Port Atlantique La Rochelle. « D’autres travaux importants vont intervenir, cette fois au moment de l’arrêt technique pour les travaux de SNCF Réseau : le raccordement des voies 2 et 9 pour dédoubler l’entrée sur le Port (750 000 € de travaux), et la stabilisation de 300 mètres linéaires au niveau de Vaugouin (400 000 €) », explique Sandrine Petit, cheffe du service Ingénierie du port rochelais. Enfin, la réhabilitation et l’agrandissement du Poste P, pour près de 300 000 €, permettra « aux agents ferroviaires assurant la régulation du trafic sur le réseau ferré du port [de disposer] d’un outil moderne », précise Stéphane Lafoy, chef du service Achats et gestion technique de Port Atlantique La Rochelle.