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Pomme : un rendement des vergers en baisse ces dernières années

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Vincent Guérin estime, pour le cas de la pomme bio, que le doute subsiste sur la prise de conscience des pouvoirs publics. Crédits : © Réussir F&L
Le manque de rentabilité pénalise le renouvellement des agriculteurs. Crédits : © Réussir F&L

« Le constat est fait d’un rendement du verger de pomme en baisse pour ces dernières années. Les causes sont multiples, mais les aléas climatiques, la baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et l’essor de variétés moins productives sont les principales causes identifiées », a expliqué Vincent Guérin, responsable des affaires économiques à l’Association nationale pomme-poire (ANPP) lors des conférences organisées par le Cefel. À l’occasion de la journée de la pomme à Montauban le 15 juin 2023, les projections faites tablent sur 2 % d’augmentation de la surface en vergers (+ 600 ha) dans les cinq prochaines années. « On observe un décrochage des variétés internationales comme Gala et Golden et au contraire une hausse des variétés club comme Pink Lady, Juliet ou encore Choupette. Les variétés résistantes tavelure montrent également une progression rapide », analyse Vincent Guérin.

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La demande mondiale stagne

Mais les variétés club ou « terroir », comme Belchard ou Canada, produisent moins que les variétés internationales. Le verger français est-il en train de monter en gamme, avec un abandon du segment premier prix laissé à l’import au profit d’autres pays européens comme la Pologne ? « Ce sont des questions d’orientation stratégique à discuter », répond Vincent Guérin. Pour le cas de la pomme bio, le doute subsiste sur la prise de conscience des pouvoirs publics. « Il faut contenir l’évolution de l’offre, développer la demande, et chercher des débouchés à l’export », plaide Vincent Guérin. Néanmoins, il va falloir composer avec l’arrivée prochaine en production de vergers en fin de conversion bio, qui vont représenter une hausse d’environ 30 % des surfaces pour 2024. Dans un contexte où la demande mondiale stagne et la production continue d’augmenter, les prochaines années risquent d’être difficiles à négocier.

Une calculette pour trouver l’équilibre

« Les prix d’équilibre net bord verger ont largement augmenté en cinq ans, et encore plus sur les deux dernières campagnes. Ils vont continuer à s’accroître du fait de la hausse à venir des amortissements nécessaires au maintien d’un verger productif », explique Pierre Venteau, directeur de l’Association nationale pomme-poire (ANPP), lors de la présentation d’une méthode de calcul du prix d’équilibre net bord verger. Cette calculette, disponible pour les adhérents de l’ANPP, a été conçue comme un outil pour réfléchir à la stratégie économique des exploitations. « Un objectif de chiffre d’affaires moyen par hectare de 25 000 euros est désormais une réalité économique en 2023, ou en tout cas, un repère », avertit le directeur de l’ANPP. Autre point soulevé, le coût d’installation pour un hectare de verger. « 75 000 euros, sans subvention et hors foncier », selon Pierre Venteau. Ce coût pourrait représenter une barrière à l’installation pour des jeunes agriculteurs, mais c’est surtout le manque de rentabilité qui pénalise le renouvellement. « Les chiffres avancés sont à pondérer, car les objectifs de productions sont souvent plus hauts que le référentiel de 40 tonnes par hectare », explique-t-il. Reste à faire passer la hausse du prix du kilo de pommes auprès de l’aval, qui semble aujourd’hui essentiel à la pérennité des exploitations.
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