Les services du Premier ministre ont annoncé le 25 mai que la France va bientôt autoriser l’utilisation des extraits de chanvre, en particulier du cannabidiol (CBD), dans les produits finis. Dans un communiqué daté du 26 mai, l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC) dit avoir eu « de très nombreux échanges avec les pouvoirs publics » et se « réjouit que plusieurs de ses recommandations aient été retenues. L’organisation salue cette « décision qui ouvre la voie en France au développement d’un marché encadré des produits de qualité contenant du CBD ».
Accès à des produits sûrs, de qualité, d'origine France
La nouvelle réglementation devrait prévoir l’autorisation de la culture, l'exportation et l'utilisation industrielle du chanvre, étendue à toutes les parties de la plante, mettant ainsi fin à la limitation de la valorisation des seules fibres et graines. La réglementation va clarifier le statut non stupéfiant du CBD. En revanche, l’utilisation commerciale de la fleur et des feuilles demeurera interdite pour éviter la confusion avec les produits stupéfiants.
« Cette évolution réglementaire réclamée par les acteurs du secteur depuis de longs mois devrait permettre de lever le flou juridique dans lequel se trouve la France, » indique l’UIVEC. Mais avant tout, cette évolution va garantir aux consommateurs « l’accès à des produits sûrs, de qualité, conformes à la réglementation et d’origine France, » assure l’union des industriels.
Un marché de 700 millions d'euros
Le CBD est une molécule non stupéfiante et non addictive, principalement issue des fleurs de chanvre, qui a trouvé ces dernières années de multiples usages dans l’alimentation, la cosmétique ou encore les compléments alimentaires. De nouveaux marchés du chanvre susceptibles de créer des emplois en France et qui représentent « une opportunité économique majeure pour les agriculteurs, tout comme les industriels, » précise encore l’UIVEC. Le marché des produits contenant du CBD est estimé à plus de 700 millions d’euros. Selon l’union, le seul marché des compléments alimentaires pourrait atteindre 630 millions d’euros en France d’ici 2025.
La France est leader européen des surfaces cultivées de chanvre et revendique à ce titre de devenir le pays référent sur le marché des extraits de chanvre.
« Nous avons accumulé beaucoup de retard ces dernières années sur le secteur du CBD par rapport à nos voisins européens, » observe Zoé Demange, déléguée générale de l’UIVC. Cependant, elle assure que « les acteurs économiques et industriels sont prêts à avancer et à proposer aux consommateurs des produits sûrs, certifiés et français. »
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Une journée technique sur « Le chanvre des possibles »
La culture de chanvre et sa valorisation en France vont faire l’objet d’une journée technique organisée par Innov’Alliance le 1er juillet à Avignon.
Une évolution réglementaire est attendue cette année qui devrait conduire à une ouverture du marché français du cannabidiol et autres extraits de chanvre. En parallèle, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) lance une expérimentation pour démontrer le bénéfice du cannabis à des fins médicales.
Dans ce contexte en pleine évolution, Innov’Alliance souhaite explorer et anticiper les pistes d’innovation de la production de chanvre et de cannabis à la valorisation des cannabinoïdes sur des marchés « bien-être » en nutraceutique, en alimentation et cosmétique.
La journée technique du 1er juillet sera l’occasion d’explorer le « Chanvre des possibles ». Le programme proposé fera le point sur les enjeux et pistes d’innovation d’une filière française et spécialisée avec des contraintes de production hautement technologiques.