« Oui, les spéculateurs ont une responsabilité »

- - 2 min

Le président d'Euralis et l'auteur de « l'arme alimentaire » pointe du doigt la responsabilité des financiers.

Christian Pèes, le président du Groupe Euralis, confirme le nouvel intérêt des spéculateurs pour les matières premières agricoles : « oui ça commence,dit-il, ça bouge tout d’un coup : les spéculateurs sont attirés par l’envolée des prix de certaines céréales. C’est déjà vrai en Afrique, en Amérique du Sud. Ce n’est pas vraiment encore le cas chez nous, mais ça peut venir et vraiment aggraver les choses ».

La débâcle financière actuelle accentue le phénomène, analyse le responsable professionnel béarnais, auteur du livre « L’arme alimentaire : Les clés de l’indépendance » : « les spéculateurs qui s’intéressaient à l’immobilier ou aux subprimes en crise vont se recycler. Ils voient les prix agricoles qui varient, les formidables hausses, les baisses, les fluctuations…» Le phénomène est d’autant plus inquiétant que « jusque-là, les spéculateurs étaient des gens du métier, qui faisaient du commerce, des analyses économiques, qui avaient une vraie accroche sur le métier et sur le monde agricole. Aujourd’hui, ils viennent spéculer pour spéculer ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

sécurité
Suivi
Suivre

« Alors est-ce qu’il faut interdire la spéculation sur les marchés agricoles ? » « C’est une vraie question », répond le membre fondateur du MOMA, le Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture. « Et même une vraie question pour l’ensemble de l’économie et des métiers : ne faudrait-il pas une certaine régulation, en tous cas mettre des limites ? ».

Mettre des limites

La question est d’actualité. Le MOMA a démontré qu’une libéralisation non régulée, en augmentant le poids des spéculateurs financiers, amplifie encore la volatilité des prix, le problème majeur étant « d’assurer un niveau de production compatible avec la demande, dans une logique de sécurité alimentaire et non de financiarisation de la production ».

Dans un article qu’il a publié la semaine dernière sur son blog (www.christianpees.com/), Christian Pèes explique que « l’opportunisme financier n’a fait qu’accentuer les écarts de prix »: « les émeutes de la faim trouvent aussi leur origine à la bourse de Chicago ou de Londres », dénonce-t-il.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires