En 2006, dans le Cantal, trois bâtiments agricoles assurés chez Groupama ont subi un sinistre dû à un impact direct de foudre. Le dernier en date, équipé d’une salle de traite, a coûté 480 000 euros à l’assurance qui, par ailleurs, enregistre chaque année 250 à 350 déclarations de décès d’animaux liés aux phénomènes orageux. Lundi matin, à la salle des fêtes de Marcenat, l’assureur a proposé une réunion d’information sur la foudre et les dangers qui menacent les exploitations agricoles. Les sociétaires des caisses locales de Saint-Bonnet-de-Condat, Marchastel, Lugarde et Marcenat y avaient été invités. Plusieurs représentants de la caisse régionale, dont Martine Crueghe, responsable d’établissement Groupama Cantal, avaient fait le déplacement pour décider de l’opportunité de programmer ce type d’intervention dans le cadre des assemblées générales de caisses locales. Michel-Joseph Audebert, ingénieur en génie climatique expert près la cour d’appel de Riom, a notamment rappelé que la fermentation des récoltes fraîchement rentrées, les travaux sur les points chauds (postes à souder, meuleuses…), les cigarettes, les écobuages, les courts-circuits… constituent les principales causes d’incendies.
20 000 têtes de bétail foudroyées chaque année
Le contrôle régulier des installations électriques peut éviter bien des
problèmes. Il a enfin évoqué les risques liés au monoxyde de carbone ou
au travail près des fils électriques. Raymond Piccoli, astronome
spécialiste des phénomènes orageux, a rappelé que, chaque année,
l’orage est responsable de 10 à 35 décès en France pour une centaine de
blessés. C’est aussi 20 000 têtes de bétail qui sont foudroyées et 17
000 incendies. Autant de bonnes raisons de prendre le sujet au sérieux
pour Raymond Piccoli qui assure qu’à 14 heures, en été, il est
préférable de ne pas trop s’éloigner de sa ferme. Il a constaté que
l’orage peut être dangereux pour la foudre mais aussi pour le vent et
les précipitations de grêle ou de pluie qui l’accompagnent. Sur la base
d’exemples, il a démontré que personne n’est à l’abri… Un agriculteur
présent à cette réunion a découvert une photographie attestant que la
foudre est tombée à 15 mètres de ses vaches et, qu’au même moment, un
“traceur” avait détecté le toit de son habitation.
“Faites attention pendant vos travaux !”
Juste après avoir pris cette photographie, Raymond Piccoli se souvient
avoir mis 40 à 45 minutes avant de retrouver la vue. Il a indiqué que
les foudroyés survivants peuvent perdre l’audition, devenir amnésique,
présenter des symptômes de démence ou finir par développer une
leucémie. Un châtaignier peut même s’embraser trois semaines après
l’impact ! Si le clocheton d’une sonnette de vache est soudé, la foudre
est probablement responsable. La présence de cumulonimbus
-reconnaissables à leur forme d’enclume-, annonce l’orage. Les oreilles
qui bourdonnent signifient que l’on est dans un champ électrique et les
cheveux qui se dressent sur une tête indiquent qu’un traceur a repéré
une victime potentielle. “Faites attention pendant vos travaux !”, a
insisté le scientifique en ajoutant que l’orage n’a pas de saison et
que sa logique n’est pas maîtrisée. Lorsqu’il gronde, la meilleure
protection consiste à se mettre à l’intérieur d’un bâtiment, fenêtres
fermées pour éviter les courants d’air, et à débrancher les appareils
électriques en prenant soin d’éloigner les fiches des prises. La
voiture n’offre pas une garantie à 100 %. Enfin, il a précisé que les
risques sont plus grands au début de l’orage et à la fin, lorsque le
soleil fait son retour…
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