Le marché mondial de l’azote a été largement influencé en juillet par le contexte géopolitique et énergétique. En France, le regain des achats des agriculteurs a soutenu la hausse des prix.
Les prix des engrais azotés se sont appréciés au cours du mois de juillet, portés par l’intensification des tensions au Moyen-Orient. Le regain de la demande des agriculteurs européens, et notamment français, a également contribué à alimenter la hausse des prix en France.
Cette dynamique s’est toutefois essoufflée à la fin du mois de juillet et au début du mois d’août, avec l’apaisement du conflit entre les États-Unis et l’Iran et le ralentissement saisonnier des achats agricoles.
Le regain de tension au Moyen-Orient a soutenu les cours mondiaux de l’azote avant leur stabilisation
L’évolution du marché mondial de l’azote a été largement dictée par le contexte géopolitique et énergétique au cours du mois de juillet. Le marché français
L’absence d’avancée concrète dans les négociations entre Washington et Téhéran, ainsi que le manque de visibilité concernant la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation, ont entraîné un rebond des prix de l’énergie, soutenant par ricochet les cours mondiaux de l’azote.
Cette hausse a toutefois été brutalement interrompue le 31 juillet après l’annonce par la Chine de nouveaux quotas d’exportation d’urée (augmentation du disponible exportable), estimés entre 2 et 2,8 Mt selon les opérateurs de marché. L’arrivée de ces volumes supplémentaires sur le marché mondial a rassuré les opérateurs quant à la capacité d’approvisionnement, notamment pour répondre aux importants besoins d’importation de l’Inde. Le géant asiatique a récemment lancé un appel d’offres portant sur 1,7 million de tonnes d’urée, dont la clôture est prévue avant la mi-août.
Dans le même temps, l’apaisement des tensions au Moyen-Orient et les perspectives d’un assouplissement de l’offre mondiale en engrais ont contribué à stabiliser les cours mondiaux de l’urée, marché directeur du complexe azoté.
Cette évolution des marchés internationaux ne s’est toutefois répercutée qu’en partie sur le marché français, dont les prix ont également été influencés par des facteurs propres à la demande intérieure et aux disponibilités locales.
Après la hausse de juillet, le marché français de l’azote se stabilise sous l’effet du ralentissement de la demande
En juillet, les prix français ont fortement progressé pour l’urée (+ 67 €/t) et l’ammonitrate 33,5 % (+ 22 €/t), tandis que la hausse est restée limitée pour la solution azotée. Cette évolution s’explique principalement par l’accélération des achats des agriculteurs, largement favorisée par la mise en place d’une aide gouvernementale comprise entre 50 et 70 €/t.
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Ce regain de la demande est intervenu dans un contexte d’offre temporairement plus limitée. Plusieurs fabricants d’engrais ont en effet retiré provisoirement leurs offres afin de réévaluer leurs prix. Cette décision répond à la nécessité d’intégrer la hausse des coûts de production, qui n’avait pas encore été totalement répercutée dans les tarifs, mais aussi de tenir compte du redressement de la demande européenne.
Depuis le début du mois d’août, le ralentissement saisonnier des achats, période traditionnellement peu active sur le marché des engrais, a toutefois mis un terme à cette dynamique haussière. Les prix des engrais azotés cherchent désormais à se stabiliser.
Si le marché de l’azote semble ainsi entrer dans une phase d’équilibre, les tensions restent plus marquées sur le segment des engrais phosphatés.
Le manque d’offre tire à la hausse les prix des engrais phosphatés
Les prix du DAP en Europe et en France (+ 27 €/t) sont restés soutenus par une offre limitée. Plusieurs sources font état de l’arrêt temporaire de l’activité d’un fabricant lituanien au mois d’août, mais également d’un net ralentissement de la production d’engrais phosphatés au Maroc.
Les usines marocaines continuent en effet de faire face à une pénurie d’acide sulfurique, dont la disponibilité dépend à la fois de la production pétrolière au Moyen-Orient et des capacités logistiques permettant son acheminement dans la région.
Sur le marché de la potasse, peu d’éléments fondamentaux sont venus animer les échanges et les prix sont restés globalement stables au cours du mois de juillet.
Un marché fortement dépendant de la géopolitique et de la dynamique d’achat des agriculteurs
Dans les prochaines semaines, l’évolution du marché des engrais dépendra principalement de celle des cours du gaz naturel et de l’évolution des tensions et des négociations entre les États-Unis et l’Iran. En France, les prix seront également influencés par le rythme des achats des agriculteurs, notamment par un éventuel rattrapage des achats différés à l’automne, susceptible d’accentuer les tensions sur les disponibilités et la logistique.
Prix des engrais au stade distributeur (paiement 30 jours)
En €/t
juin-26
juil-26
Ammonitrates 33.5
Départ usine vrac (granulés)
527-498
498-520
Urée
Départ port vrac (granulés)
650-473
473-540
Solutions azotées
Départ Rouen
442-387
387-390
Ternaires (15-15-15)
Franco vrac camion
550-600
600-600
Phosphate de diammonium (DAP)
Départ port vrac
861-848
848-875
Superphosphate triple (TPS)
Départ port vrac
683-665
665-675
Binaire PK (0-25-25)
Rendu silo
575-630
630-630
Potasse KCl (60%)
Départ vrac (compacté)
364-358
358-355
Pour chaque engrais, les prix indiqués correspondent aux cours de début et de fin de mois.