Marché des céréales et du sucre du 7 au 14 octobre 2026 – Le blé français à nouveau demandé à l’exportation

- - 13 min

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 7 et le 14 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les prix du blé ont gagné du terrain entre le 7 et le 14 octobre sur Euronext. Ils se sont appréciés de 4 €/t sur le contrat décembre 2027, 1,25 €/t sur mars mais sont restés stables sur mai. Les cours se situent à 248 €/t sur les deux premières échéances traitées. Du côté des États-Unis, le marché à terme du CBOT en blé était décorrélé et s’est replié pour toutes les variétés.

Pour tout savoir sur l’actualité des marchés agricoles, cliquez ici

En Europe, ce sont les difficultés à l’exportation au départ des ports de la mer Noire qui ont principalement dirigé le marché. Avec de nouvelles frappes russes sur des cargos au large de la Bulgarie, l’Ukraine est toujours forcée d’expédier ses céréales par voie ferroviaire. La Russie quant à elle cherche aussi de nouvelles voies d’exportation via la mer Baltique et le port de Mourmansk. Et ce, d’autant plus que les silos sont pleins. Cette situation se reflète sur les volumes expédiés depuis les deux pays, en net retrait par rapport à 2025, mais aussi sur les prévisions d’exportation, revues en baisse par plusieurs analystes et par l’USDA. Dans le même temps, les conditions climatiques sèchent posent problème pour les semis d’hiver 2027-2028 en Russie et dans l’est de l’Ukraine. En France, les semis viennent tout juste de débuter avec un léger retard. L’Algérie a également procédé à un achat de 750 000 t de blé. Outre-Atlantique, c’est principalement la révision en hausse de la production de blé et en baisse des exportations qui a causé le repli des cours.

Sur le marché physique français, l’activité revient à l’exportation, que ce soit sur les ports ou le nord communautaire. Les prix physiques se sont d’ailleurs apprécié au départ des principales places portuaires. Des bateaux sont prévus et devraient arriver incessamment sous peu. Ils sont attendus avec impatience notamment à La Pallice, où les silos sont pleins. Les acheteurs belges et néerlandais sont également présents à l’achat en blé fourrager, ce qui a entraîné une hausse de la prime physique sur les zones proches de la frontière Est. En revanche, le blé français n’est toujours pas compétitif sur l’Italie et l’Espagne. Dans le sud de la France, le marché est par conséquent plus morose, d’autant plus que les fabricants d’aliments pour animaux ne se pressent pas à l’achat. Dans le Sud-Ouest par exemple, on n’assiste qu’à des demandes de compléments sur la période janvier-mars. Dans le Sud-Est, le marché se traite en cash. Dans les autres régions, le marché est bien alimenté par les vendeurs, et les fabricants d’aliments pour bétail sont au rendez-vous aux achats et ce sont d’ailleurs eux qui payent actuellement le mieux le blé. Ils sont particulièrement présents sur janvier-mars mais continuent à demander des compléments sur octobre-décembre. L’éthanolerie continue de tourner à plein régime, avec des envois de trains. La meunerie en revanche est moins présente. Les couvertures sont déjà réalisées sur la fin d’année. Il reste des compléments à réaliser mais les prix ne sont pas considérés comme incitatifs.

Selon un article du média LRT du 8 octobre, le Premier ministre de Lituanie, Mindaugas Sinkevičius, va proposer aux autorités européennes de bannir la circulation des grains russes et biélorusses sur son territoire ainsi que sur l’ensemble du bloc UE, alors que l’Estonie a banni toute entrée de grains russes et biélorusses sur son territoire depuis le 1er octobre, rapportent nos confrères d’Agra. « La Russie, ayant des difficultés à exporter ses céréales via la mer Noire, explore des voies alternatives, dont l’envoi par ses ports de l’oblast de Kaliningrad donnant sur la mer Baltique, ou directement par les ports des pays Baltes », explique le média.

Frets fluviaux : les dégagements sur le port de Rouen se font au compte-gouttes

Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué entre le 7 et le 14 octobre 2026.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin continuent de baisser, ce qui rend la navigation quasi impossible. Aucune amélioration n’est pour l’instant en vue, en l’absence de pluies significatives dans les prochains jours. Les offres de transport se font de plus en plus rares.

La situation s’améliore quelque peu sur le Danube avec une remontée du niveau de l’eau en amont, qui reste cependant en « dessous de la normale ». En allant vers l’aval du fleuve, le niveau passe de « très bas » à « trop bas pour naviguer », entravant le fret de marchandises.

Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ), chaotique et sans visibilité sur le moyen et long terme, se poursuit au gré des chargements des rares navires qui accostent et de l’acceptation des silos portuaires à réceptionner de la marchandise. Les volumes dégagés sur les installations rouennaises sont cependant corrects, malgré la complexité de l’organisation des transports.

Une période de chômage programmée sur la Petite-Seine, de Mouy-sur-Seine à Nogent-sur-Seine, va démarrer en fin de semaine 44, ce qui va impacter la logistique fluviale de deux silos céréaliers appartenant l’un à Vivescia et l’autre à Soufflet by InVivo. L’Yonne va également être fermé à la navigation à partir de lundi 26 octobre 2026, pour la même raison.

L’actualité sur l’intracommunautaire est en revanche à l’arrêt, ce qui commence à être inquiétant à cette période de l’année.

La rédaction

Maïs

Le sursaut des prix sur Euronext dérègle complètement le marché

Le maïs rendu Bordeaux vaut 288,50 €/t sur l’échéance janvier-mars 2027 en ce 14 octobre 2026. À noter que le contrat Mars 2027 sur Euronext a progressé de 8,75€/t sur la semaine. Le maïs rendu Bordeaux est non coté sur la période octobre-décembre 2026 (285 €/t en date du 7 octobre 2026), le contrat Novembre 2026 sur Euronext ayant progressé de façon incontrôlable cette semaine (+ 27 €/t entre le 7 et le 14 octobre 2026), pour atteindre 303 €/t. Sur le CBOT, le contrat Décembre 2026 a quant à lui reculé de 21,25 cts$/boisseau à 480,75 cts$/boisseau, celui de Mars 2027 de 22,75 cts$/boisseau à 494,25 cts$/boisseau.

En Europe, la production a été révisée en baisse par l’USDA. Celle de la France a également été réajustée à 7,3 Mt par Agreste. Et ce, alors que la récolte prend du retard en Ukraine. La question des importations se pose toujours. La récolte mondiale est pourtant abondante, mais la nouvelle tendance du Brésil à privilégier l’utilisation de son maïs en éthanolerie et les difficultés logistiques en mer Noire compliquent la donne. Aux États-Unis en revanche, la production a été relevée de 6 Mt par l’USDA. Mais les exportations ont par contre été ajustées à la baisse, pesant sur les cours sur le CBOT.

Sur le marché physique français, la confusion est totale avec les hausses spectaculaires des prix sur Euronext. Il est très compliqué d’obtenir des prix fiables, soit parce que le marché est inexistant (comme sur les places portuaires d’exportation), soit parce que de nombreuses rumeurs circulent. Le contrat novembre s’approche de la clôture, et le rachat de positions par les coopératives devient problématique. Du côté de la demande, les fabricants d’aliments pour animaux sont justement couverts sur octobre-décembre voire en partie sur janvier-mars, et commencent à travailler sur avril-juin. Les clients à l’exportation sur le marché intra-communautaire annulent des contrats pour se tourner vers du maïs extra-européen, que ce soit dans le sud de la France (Italie) ou dans l’Est (Pays-Bas). De plus, les chargements sont compliqués sur le Rhin à cause des niveaux d’eau encore trop faibles. Les lots disponibles sont souvent éloignés géographiquement des acheteurs et durs à traiter.

Orge fourragère​​​​

Marché calme

La situation est beaucoup moins agitée en orge fourragère. Les prix physiques s’effondrent sur les ports, faute de demande à l’exportation. Le rendu Rouen a reculé de 7 €/t à 222,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026, entre le 7 et le 14 octobre 2026. Les cours sont plus élevés sur le marché intérieur. Pour autant, les couvertures des industriels de la nutrition animale sont déjà réalisées sur les mois à venir et les clients ne se pressent pas au portillon…

Orge de brasserie

Une petite demande sur le grand export

Les prix de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué de manière différentielle entre le 7 et le 14 octobre 2026, en variété d’hiver (haussiers sur la récolte 2026, stables à baissiers sur la récolte 2027) et en variété de printemps (tendance haussière sur les deux récoltes). On rapporte une petite demande sur le port de Rouen à destination du grand export. Sur l’intracommunautaire, l’activité est bloquée sur la Moselle, en raison des basses eaux du fleuve. Sur le marché intérieur, le marché est au point mort, faute d’intérêt acheteur de la malterie, victime d’un marché de la bière en berne.

​​​​​​Blé dur

Probable nouvelle baisse des surfaces semées en 2027

En blé dur, le prix en rendu Port-la-Nouvelle, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé de 10 €/t à 295 €/t sur l’échéance octobre-décembre 2026, entre le 23 et le 30 septembre 2026.

L’hécatombe continue pour les surfaces de blé dur cette année. Elles devraient passer sous la barre des 100 000 ha selon les dernières intentions de semis et sondages. La question de la rentabilité se pose toujours. Le marché est toujours calme en blé dur. Des discussions se tiennent à Port-la-Nouvelle, ce qui soutient les cotations, mais rien ne s’entend à Marseille. Les deux prix sont par conséquent au même niveau actuellement.

​​​​​​Céréales secondaires

Des affaires se traitent en avoine et triticale

On rapporte un peu plus d’activité en avoine cette semaine, avec des prix sur la Marne, la Côte-d’Or et les Ardennes entre 195 et 210 €/t pour l’avoine blanche.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

marché à terme
Suivi
Suivre

En avoine noire, le rendu Pontivy est inchangé avec des affaires conclues à ce niveau. Dans la Marne, le prix est proche de ceux constatés dans l’Est la semaine dernière. Des affaires se traitent dans les Ardennes autour des 200 €/t pour des poids spécifiques entre 50 et 51 kg/hl.

En ce qui concerne le triticale, les prix gravitent entre 200 et 205 €/t dans l’Est avec un peu d’activité. À Pontivy, les cotations sont stables.

Sucre

Les cours du sucre encore à la hausse cette semaine sur les marchés internationaux

Le prix du sucre brut coté à New York a encore progressé, de 0,15 ct$/livre pour la semaine allant du 5 au 12 octobre 2026, passant de 19,96 cts$/livre à 20,11 cts$/livre. Celui du sucre raffiné coté à Londres a fait de même : + 8,20 $/t, à 564,30 $/t. 

Les opérateurs sur les marchés du sucre ont porté leur attention cette semaine sur la puissance renforcée du phénomène climatique El Nino, avec comme idée principale qu’il était potentiellement en mesure de perturber la production mondiale. Au Brésil, les pluies abondantes, se transformant en inondations parfois dans certaines régions, ont ralenti le rythme des moissons de canne à sucre. L’Agence de météorologie nationale japonaise a publié une note d’informations vendredi 9 octobre qui dispose que les températures en surface dans la partie tropicale de l’océan Pacifique sont mesurées à 4 °C au-dessus de leur normale de septembre (le plus haut niveau depuis 1949). La même agence prédit que la probabilité qu’El Niño persiste pendant l’hiver et jusqu’à la fin du premier trimestre 2027 est de 100 %, avec des pluies moins importantes notamment au Brésil, en Inde et en Thaïlande (les trois principaux producteurs de sucre dans le monde). Les fonds sont toujours très acheteurs sur les contrats de futures selon les Commitment of Traders publiés par la CFTC états-uniennes vendredi pour la semaine terminée le 6 octobre. Atteignant leur plus haut niveau depuis trois ans.

Et nos confrères d’Agra de compléter : « Le cours du sucre brut a atteint un sommet depuis près de deux ans à New York cette semaine, soit décembre 2024, porté par le ralentissement de la récolte au Brésil et les conséquences négatives de la mousson indienne. La tendance haussière a été initiée dès le début de l’été. La hausse de 20 % enregistrée en août a été largement portée par l’activité spéculative des fonds, préoccupés notamment par les risques associés à El Niño. »

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Publications mensuelles du CIC, le 14 octobre 2026.

  • Retour de la demande espagnole en blé fourrager ?

  • Décorrélation des prix du marché à terme Euronext dans le sud de la France.

  • Arrivée des bateaux annoncés sur les ports français.

  • Début de la demande des fabricants d’aliments sur avril-juin.

Maïs

  • Publications mensuelles du CIC, le 14 octobre 2026.

  • Niveau de la récolte française, jugée plus bas qu’Agreste par certains opérateurs.

  • Rachat de positions par les coopératives sur le contrat novembre.

  • Éloignement géographique entre les zones d’offre et de demande.

  • Petite demande belge en maïs français.

Orge

  • Demande belge en orge fourragère.

  • Compétitivité dans les formulations.

Adèle d’Humières

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires