Marché des céréales et du sucre du 14 au 21 octobre 2026 – Chute des cotations du blé tendre sur Euronext et le marché physique français

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L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 14 et le 21 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les prix du blé tendre ont perdu du terrain entre le 14 et le 21 octobre sur Euronext, avec un recul de 15,50 €/t, à 232,75 €/t sur le contrat décembre 2026. Même dynamique sur le marché physique : -15,50 €/t, à 232 €/t pour la période octobre décembre. Sur le CBOT, le contrat décembre 2026 a cédé 45 cts$/boisseau, à 628,25 cts$/boisseau.

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Peu d’évènements fondamentaux nouveaux cette semaine au niveau mondial mais la géopolitique a repris le dessus : de nouveaux espoirs sérieux de négociations entre l’Ukraine et la Russie sont apparus, permettant une nette détente des cours. Dans le même temps, les disponibilités mondiales sont toujours annoncées comme abondantes. On note également le retour d’importants acheteurs internationaux sur le marché, dont l’Égypte et l’Algérie alors que l’origine États-Unis manque de compétitivité à l’exportation.

Sur les marchés physiques français, l’activité s’est calmée, surtout avec la baisse du prix du blé sur Euronext ce mercredi. Les vendeurs n’ont pas accompagné la baisse. Quelques affaires se concluent sur janvier-mars. Les silos portuaires sont pleins à La Pallice, mais de nombreux transferts sont attendus (dont a priori une bonne partie sur l’Égypte) pour le mois de novembre. Sur Rouen, l’activité est plus routinière après des line-up fournis à destination du Maroc début octobre. Pour la première fois de la campagne, les fabricants d’aliments pour animaux en Vendée payent plus cher le blé que les ports. Ceux-ci commencent toutefois à être bien couverts sur janvier-mars. La Bretagne revient pour des compléments sur le rapproché, ce qui a modérément soutenu la prime. Du côté du Nord-Est, la demande belge est modérément présente. Les vendeurs ont donc intérêt à leur vendre leur blé. La meunerie française profite de la baisse des prix sur Euronext.

Frets fluviaux : les dégagements sur le port de Rouen se font au compte-gouttes

Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué entre le 7 et le 14 octobre 2026.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin continuent de baisser, ce qui rend la navigation quasi impossible. Aucune amélioration n’est pour l’instant en vue, en l’absence de pluies significatives dans les prochains jours. Les offres de transport se font de plus en plus rares.

La situation s’améliore quelque peu sur le Danube avec une remontée du niveau de l’eau en amont, qui reste cependant en « dessous de la normale ». En allant vers l’aval du fleuve, le niveau passe de « très bas » à « trop bas pour naviguer », entravant le fret de marchandises.

Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ), chaotique et sans visibilité sur le moyen et long terme, se poursuit au gré des chargements des rares navires qui accostent et de l’acceptation des silos portuaires à réceptionner de la marchandise. Les volumes dégagés sur les installations rouennaises sont cependant corrects, malgré la complexité de l’organisation des transports.

Une période de chômage programmée sur la Petite-Seine, de Mouy-sur-Seine à Nogent-sur-Seine, va démarrer en fin de semaine 44, ce qui va impacter la logistique fluviale de deux silos céréaliers appartenant l’un à Vivescia et l’autre à Soufflet by InVivo. L’Yonne va également être fermé à la navigation à partir de lundi 26 octobre 2026, pour la même raison.

L’actualité sur l’intracommunautaire est en revanche à l’arrêt, ce qui commence à être inquiétant à cette période de l’année.

Par ailleurs, une proposition de loi, portée par Anne Stambach-Terrenoir (députée de la Haute-Garonne), visant à instaurer un moratoire de dix ans sur le projet du canal Seine-Nord Europe, sera discutée à l’Assemblée nationale le 29 octobre. Ce projet de loi estime que « ce chantier de 107 km de long va détruire 3 300 hectares de terres agricoles, mobiliser 35 millions de mètres cubes d’eau et détruire 240 hectares de zones humides ».

La rédaction

Maïs

Beaucoup moins de demande avec les prix jugés trop chers

Pour la semaine allant du 14 au 21 octobre 2026, les cours du maïs ont reculé de 11,75 €/t, à 291,25 €/t pour l’échéance de novembre 2026 et de 12,25 €/t, à 268,50 €/t sur celle de mars 2027. Ils ont cédé 15 €/t, à 273,50 €/t en rendu Bordeaux. Le contrat de décembre 2026 sur le CBOT a terminé la semaine à 463,25 cts$/boisseau (- 17,50 cts$/boisseau).

À l’international, la semaine a été marquée par la pression récolte aux États-Unis (achevée à 44 % selon l’USDA contre 52 % en moyenne quinquennale). Le consultant Michael Cordonnier a relevé de 2 Mt sa prévision de récolte au Brésil.

Sur le marché physique français, les prix élevés ont largement régulé la demande. Les acheteurs sont majoritairement couverts et s’intéressent maintenant à la période avril-juin. Ils ont effectué un important travail de reformulation pour limiter leur consommation de maïs au maximum. « Certains fabricants d’aliments ont divisé leur consommation par quatre », confie un opérateur. Le marché spot est peu actif. Les vendeurs sont rares ; les fabricants d'aliments pour animaux bretons partent même s’approvisionner en Charente. La maïs est non coté en FOB Bordeaux mais il existe des prix en rendu. Ces grains ne sont toutefois pas vraiment destinés à l’exportation, mais plutôt au séchage sur place ou à un transfert ultérieur pour permettre aux vendeurs en manque de trésorerie de bénéficier d’un paiement rapide. Dans le Sud-Ouest en effet, des acheteurs peuvent résilier et les paiements rester en suspens, d’où l’intérêt des vendeurs pour le rendu Bordeaux.

Lors d’une conférence de presse à Paris organisée par l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) le 20 octobre, l’institut technique Arvalis a indiqué tabler sur une production française de maïs grain à 7,04 Mt en 2026 (contre 7,3 Mt estimées par Agreste le 13 octobre), en recul de 49 % par rapport à l’an dernier, et un plus bas depuis 1976, rapportent nos confrères d’Agra. Arvalis estime que 232 000 ha ont été transférés vers du maïs fourrage et de la méthanisation, contre 150 000 ha selon Agreste. « Au vu des transferts de surface, qui ont concerné essentiellement les surfaces non irriguées (86 % des cas), environ 41 % de la production française est irriguée, contre 31 % d’habitude », précise Aude Carrera, ingénieure d’Arvalis. Les importations françaises vont naturellement augmenter.

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​​​​Orges

Les acheteurs sont couverts

Les prix de l’orge fourragère ont reculé de 15,50 €/t, à 207 €/t, sur Rouen pour la semaine allant du 14 au 21 octobre 2026.

L’activité est très calme en orge. Les acheteurs sont déjà couverts et les vendeurs ne sont pas plus présents. Dans le Sud-Est, on signale tout de même une petite demande de la part de l’Italie et de l’Espagne.

Les prix de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué de manière différentielle entre le 14 et le 21 octobre 2026, à la hausse sur le FOB Creil et le rendu Rouen, mais à la baisse sur le FOB Moselle (basses eaux sur le Rhin), toutes variétés et récoltes confondues. L’activité est à l’arrêt, l’écart de prix entre acheteurs et vendeurs étant important. Les fournisseurs font de la rétention de marchandises tandis que les industriels attendent que les prix baissent.

Orge de brasserie

Marché bloqué

Les prix de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont évolué de manière différentielle entre le 14 et le 21 octobre 2026, à la hausse sur le FOB Creil et le rendu Rouen, mais à la baisse sur le FOB Moselle (basses eaux sur le Rhin), toutes variétés (hiver et printemps) et récoltes (2026 et 2027) confondues. L’activité est à l’arrêt, l’écart de prix entre acheteurs et vendeurs étant importants. Les fournisseurs font de la rétention de marchandises tandis que les industriels attendent que les prix baissent.

Au Canada, « il va y avoir une forte baisse de la disponibilité de l’orge maltée cette année », a déclaré le directeur général du Centre technique canadien de maltage (CMBTC), selon des propos rapportés par Grainews. Le Canada a perdu beaucoup d’orge maltée de bonne qualité à cause de pluies des deux dernières semaines d’août et de début septembre. Watts prévoit moins de 2 Mt d’offre d’orge maltée sélectionnable, en baisse par rapport aux 3 Mt de l’an dernier et à la moyenne à long terme d’environ 2,5 Mt. Et ce, Et ce, malgré une récolte d’orge importante, estimée à 9,7 Mt, soit un volume équivalent à celui de l’an dernier.

​​​​​Blé dur

Peu d’activité

Les affaires sont rares en blé dur. Tous les yeux sont rivés sur le Canada. La semoulerie reste prudente et se contente de compléments sur le rapproché.

​​​​​​Céréales secondaires

Des affaires se traitent en avoine et triticale

Le marché des céréales secondaires est peu coté en cette semaine du 14 au 21 octobre 2026.

En avoine blanche, on rapporte du départ Aisne/Ardennes à 210 €/t.

En avoine noire, le départ Aisne/Ardennes s’élève à 200 €/t et à 195 €/t en départ Marne.

En triticale, les prix gravitent autour des 215 et 220 €/t dans l’Est, en hausse sur la semaine dernière.

Sucre

Les cours du sucre en légère baisse cette semaine sur les marchés internationaux

Le prix du sucre brut coté à New York a reculé, de 0,19 ct$/livre pour la semaine allant du 12 au 19 octobre 2026, passant de 20,11 cts$/livre à 19,92 cts$/livre. Celui du sucre raffiné coté à Londres a fait de même : - 9,60 $/t, à 554,70 $/t.

Cette semaine, le gouvernement indien a décidé d’interdire, à partir du 1er novembre, l’utilisation de canne à sucre par l’industrie du bioéthanol pour la diriger plus sûrement vers la transformation en sucre. Ceci a rassuré les opérateurs de ce secteur et a permis une certaine détente sur les marchés. Le gouvernement indien craint que le phénomène météorologique El Niño ne fasse reculer la production de cannes. Au Brésil, la sécheresse dans le Centre-Sud du pays a accéléré la moisson de cannes à sucre, permettant ainsi une reprise assez vive de la transformation en sucre, ce qui améliore l’offre, notamment pour l’exportation. Un autre élément de détente sur les marchés donc.

Les positions longues acheteuses sont toujours très importantes sur les marchés à terme, créant potentiellement un risque important de baisse en cas de liquidations brutales en cas de ventes massives. À surveiller de près donc… Les prix du sucre à Londres et à New-York ont atteint un plus haut depuis dix-neuf mois, mercredi 14 octobre.

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Volume de blé français acheté par l’Égypte.
  • Fin des couvertures des fabricants d’aliments pour animaux sur janvier-mars.
  • Achats bretons sur novembre-décembre.
  • Quelle réaction des vendeurs face à la baisse des cours ?

Maïs

  • Énorme baisse des incorporations de maïs dans les formulations.
  • Primes très élevées sur le marché français.
  • Résiliation d’achats par certains industriels et imbroglio autour des paiements.
  • Niveau de la récolte brésilienne.

Orge

  • Demande italienne en orge fourragère.
  • Fabricants d’aliments pour animaux déjà couverts.

Adèle d’Humières

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