Madeleine Serre, agricultrice à La Fage de Loupiac, vient d’être récompensée pour l’idée d’un logiciel informatique d’enregistrement et de traçabilité destiné aux producteurs fermiers. Pour la 3e édition du concours “Terre d’idées”, organisé par la société Isagri, 105 dossiers étaient en compétition. Le premier prix a été décerné à un arboriculteur de l’Aude qui a imaginé un outil de prévision de rosée intégré à un module de prévision de pression bactérienne dans le but d’anticiper ses traitements. Madeleine Serre précise d’emblée qu’elle ne connaît rien à l’informatique, c’est juste un besoin qu’elle a formulé dans le cadre de ce concours. En souriant, elle précise que quatre candidats avaient été retenus et qu’elle était la seule à ne pas être venu avec sa clé USB pour une présentation sur écran. N’empêche que son idée lui a valu le 2e prix. Un simple paper-board lui a suffi pour faire comprendre au jury -principalement composé de journalistes agricoles- qu’il serait judicieux de trouver une solution informatique face à l’ampleur des démarches de suivis réglementaires.
Une idée en attente de concrétisation “Vu comme on est enquiquiné avec les analyses et les tenues de
registres, j’ai pensé que d’informatiser le truc ce serait peut-être
pas mal”, explique Madeleine Serre qui reste convaincue de l’intérêt de
ces suivis. “Je travaillais dans un grand groupe où la traçabilité
était déjà d’actualité”, remarque Madeleine Serre. Après avoir été
commerciale sur les régions Rhône-Alpes et Auvergne pour Lactalis, elle
s’est installée en Gaec avec son frère Jean-Marc, en 1998. Depuis, ils
ont pu mesurer toute l’importance de la traçabilité. Elle évoque ainsi
le cas d’ESB survenu sur l’exploitation. Avec son frère, Madeleine
Serre produit 7 tonnes de fromage AOC salers tradition avec un cheptel
de 40 laitières de race salers. Leur production est affinée sur place
et commercialisée principalement dans la grande distribution et auprès
de quelques crémiers. Au jour le jour, elle note sur son guide des
maîtrises de risques l’ensemble des données. Le numéro de la plaque, de
la présure, du nouveau sac de sel. Elle indique la panne de réseau
d’eau, qu’elle a changé de liquide de trempage, que les vaches
s’étaient salies du fait qu’il a beaucoup plu et qu’il y avait de la
boue dans le chemin ou qu’une griffe est tombée au moment de la traite.
Le quotidien de la production en mémoire
Elle est parfois obligée d’ajouter une feuille pour la rubrique
“observation”. “Ça c’est moi”, précise-t-elle en expliquant que chaque
producteur a ses spécificités. “Moi, je l’ai vendue pour toutes les
AOC, pour l’ensemble des producteurs fermiers. La traçabilité va être
pour tout le monde”, insiste Madeleine Serre en précisant qu’elle s’est
basée sur son expérience au niveau de l’AOC salers. Au mois de février,
elle a eu connaissance par courrier de l’existence de ce concours. Il
fallait répondre avant le 31 mars. Elle l’a fait. Retenue parmi les
quatre finalistes, tous ses frais ont été pris en charge. Lundi
dernier, elle quittait Aurillac par avion jusqu’à Roissy avant d’être
acheminée en voiture à Beauvais où se tenait la remise des prix le
lendemain. La présentation de son idée a duré une vingtaine de minutes.
Le mardi soir, Madeleine Serre était de retour sur son exploitation. Si
son idée vient à être développée, elle sera invitée à plancher avec les
informaticiens pour que cet outil réponde parfaitement à ses attentes.
Membre du CIF, elle est également impliquée dans le conseil
d’administration du GVA et comédienne amateur au sein de la Compagnie
de théâtre-forum “Les Tr’acteurs”.
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