Sanitaire Les sangliers porteurs d'une bactérie mortelle pour les porcs

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La surmortalité des sangliers observée depuis quelques années dans certains départements est dû à une souche inédite et particulièrement virulente d'Escherichia coli. Crédits : © DR

Une bactérie potentiellement mortelle pour les porcs est apparue pour la première fois chez des sangliers sauvages en France. C’est le résultat d’une étude parue le 11 janvier dans la revue Emerging Infectious Diseases, menée par des chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé Digestive, sous la tutelle d’INRAE, l’ENVT, l’Inserm et l’université Toulouse III – Paul Sabatier. La découverte de cette bactérie, qui n’est normalement pas pathogène pour l’Homme, illustre l’importance du pacte biosécurité-bien-être animal(1) et met en lumière la nécessité de développer des programmes de surveillance de la faune sauvage.

Une nouvelle souche Escherichia coli

Suivre la santé des sangliers sauvages pour protéger les porcs d’élevage, c’est une des stratégies pour prévenir d’éventuelles épidémies porcines. C’est ce qu’appuient les résultats d’une étude pilotée par des scientifiques français. Cette dernière a démarré suite à l'observation d'une surmortalité de sangliers dans plusieurs départements métropolitains. Des travaux préliminaires montrent que ces animaux ont succombé à une infection bactérienne due à une souche particulière de Escherichia coli (E. coli) provoquant des œdèmes mortels. Cette bactérie, commune en élevage porcin, n'avait encore jamais été retrouvée chez son proche cousin sauvage.
L'équipe scientifique a amorcé un travail d'étude sur cette souche de bactérie dont différents échantillons ont été collectés dans divers sites. Le séquençage du génome des bactéries a montré que la souche responsable de la surmortalité était différente de celle retrouvée en élevage, et inconnue.

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Une souche très virulente

La bactérie découverte chez les sangliers est un hybride entre deux souches de E. coli. Elle ne circulerait pour l’instant que chez des animaux de la faune sauvage, car elle ne présente aucun gène de résistance aux antibiotiques, signature fréquente de bactéries provenant d’élevage. C’est la première fois qu’une souche virulente de E. coli de ce type apparaît dans le réservoir sauvage. Les scientifiques se montrent toutefois rassurants puisqu'elle ne semble pas pathogène chez l'Homme. Elle reste en revanche transmissibile aux élevages de porcs domestiques.
Ces travaux apportent un éclairage sur la plasticité des génomes bactériens, et sur le rôle de la faune sauvage comme réservoir de nouveaux pathogènes.
Des travaux qui confortent le soutien apporté à l’élevage, sous la forme du pacte de biosécurité-bien-être animal(1), et mettent en lumière la nécessité de développer des programmes de surveillance de la faune sauvage.

1) Programme de soutien financier pour permettre aux éleveurs d’investir pour renforcer la prévention des maladies animales et améliorer les conditions d’élevage.

 

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