Sur les 150 demandes de prêts bonifiés à l’installation enregistrées depuis le début de l’année, 75 seulement ont pour l’instant fait l’objet d’une autorisation de financement pour un montant global de 877 000 euros. Conséquence : les jeunes agriculteurs installés depuis quelques mois ne peuvent pas honorer les factures correspondant aux investissements qu’ils ont engagés ; tandis qu’une vingtaine d’installations seraient à ce jour bloquées faute de crédits. C’est pour dénoncer ces retards et l’insuffisance de l’enveloppe disponible qu’une quarantaine de jeunes agriculteurs ont manifesté lundi 9 juillet à l’appel des JA. Ils se sont retrouvés devant le bâtiment de la Chambre d’agriculture avant de rejoindre la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt, où ils ont été reçus par Guillaume Furri, chef du service Economie agricole et Christian Ruel, en charge de ce dossier à la DDAF. La rencontre a également permis de dénoncer un autre dysfonctionnement, lié cette fois non pas à un manque de crédits, mais aux lenteurs réglementaires et administratives : les retards de paiement de la Dotation jeune agriculteur (DJA).
Les besoins ont explosé
Les jeunes agriculteurs qui s’installent ont droit jusqu’à 110 000
euros de prêts bonifiés au taux de 1 %, et ont dix ans pour les
utiliser. L’année dernière, 316 jeunes en ont profité grâce à une
enveloppe de bonification de 1,5 million d’euros. Or, en 2007, à nombre
de bénéficiaires égal, il apparaît que les besoins de financement ont
explosé, sans que personne sache réellement expliquer pourquoi. Outre
les 75 autorisations de financement en attente, une trentaine d’autres
demandes seraient déjà arrivées à la DDAF, relève Jean-François
Navarro, secrétaire général des JA du Cantal, qui chiffre les besoins à
2,6 millions d’euros. S’ils ont obtenu des assurances sur la
régularisation de la plupart des dossiers en cours, les manifestants
ont constaté que l’enveloppe de prêts bonifiés allouée au département
serait alors épuisée pour le reste de l’année. Et ont donc demandé à
l’Etat de débloquer des crédits supplémentaires pour couvrir les
besoins.
Des témoignages saisissants
Ils ont d’autre part contesté l’abandon de la règle dite d’antériorité
: elle permettait aux jeunes de faire prendre en compte des
investissements réalisés avant la date de l’autorisation de
financement(AF). Ce qui ne sera plus possible pour les AF validés à
compter du 1er juillet. “Il est inadmissible que les nouveaux installés
pâtissent de la lenteur administrative et des arrivées d’enveloppes au
compte goutte”, ont protesté les JA. “De même, nous trouvons anormal
que, dans ce contexte, la banque ne propose comme solution d’attente
que des prêts à court terme à plus de 5 %”, complète Nicolas Bardy,
secrétaire général adjoint des JA et responsable du dossier
installation. Les représentants de la Fédération départementale des
Cuma ont ajouté leurs revendications à celles des jeunes agriculteurs.
L’équivalent de 2 millions d’euros d’investissements seraient en
attente de crédits. Des témoignages saisissants sont venus illustrer
les difficultés dans lesquelles ces dysfonctionnements plongent les
jeunes agriculteurs. “Nous sommes déterminés à mener d’autres actions
si nous ne sommes pas entendus”, assurait Jean-François Navarro à
l’issue de l’entretien à la DDAF.
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