La Fédération de pêche du Cantal a tenu son assemblée générale samedi
30 avril à Arpajon-sur-Cère. Si la situation financière de
l’association est saine, des inquiétudes subsistent quand à l’avenir
des associations locales (les AAPPMA). Car, selon la Fédération, la
nouvelle loi sur l’eau va changer la donne. “Dans les années 80-90, la
principale orientation de la Fédération du Cantal était surtout axée
sur la production d’œufs, d’alevins et de truites portion en
pisciculture. Au fil des ans, il s’est avéré que cette orientation
n’était pas la panacée”, déclarait Daniel Marfaing, président
départemental. En raison des coûts et des directives européennes visant
à une amélioration des milieux et de la qualité de l’eau, les objectifs
sont désormais différents. Concernant les directives européennes, une
nouvelle orientation a été définie par la réalisation d’une étude
concernant les populations de truites et la rédaction du Plan
départemental de protection du milieu aquatique et de gestion piscicole
(PDPG). Validé en mars 2003, “ce document officiel et de référence doit
être maintenant appliqué au niveau de chaque AAPPMA. Individuellement,
elles n’ont pas fait preuve de beaucoup de dynamisme concernant
l’application de ce PDPG”, notait-il.
Vers une évolution des AAPPMA
S’appuyant sur la démarche de la Corrèze, avec la mise en place d’une
politique de bassin en regroupant les AAPPMA par bassins versants,
Daniel Marfaing a jugé cet exemple “à suivre pour mener des actions
plus importantes et plus concrètes. Tout ceci va bien entendu dans le
sens de la directive européenne sur l’eau qui nous impose d’atteindre
une bonne qualité écologique des masses d’eau d’ici 2015”. Il y a donc
urgence d’autant que la nouvelle loi sur l’eau et la réforme de la
pêche associative devraient prendre effet en 1er janvier 2007. “Deux
volets nous intéressent directement : l’organisation de la pêche et la
protection des milieux aquatiques”. Si le premier point répond aux
attentes des pêcheurs (création d’une fédération nationale ; mise en
place d’une redevance milieux aquatiques plafonnée à 10 euros ;
création d’une cotisation pour la protection des milieux aquatiques de
18 euros, création de l’Office national de l’eau et des milieux
aquatiques en remplacement du Conseil supérieur de la pêche...), il
n’en est pas de même sur le deuxième volet.
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“Des inquiétudes demeurent pour la protection des milieux aquatiques :
les acquis de la loi de 1992 ont été mis à mal ; la disparition de
l’article L 432-3 qui était un bouclier efficace dans la protection des
cours d’eau ; la simplification des procédures administratives avec
révision des seuils d’application ; le sacrifice de nos cours d’eau, au
nom des directives européennes sur les économies d’énergies, avec
l’utilisation de la petite hydroélectricité ; enfin l’examen même de la
loi par l’Assemblée repoussée en février puis en avril puis en mai”. A
ce propos, l’absence des parlementaires cantaliens lors de cette
assemblée générale a été fortement remarquée. “La pêche associative
c’est vous et je constate que les élus ne s’inquiètent pas trop de
notre sort, soulignait Jean-Claude Priolet de l’Union régionale du
Massif Central”. Daniel Marfaing rappelait enfin qu’avec cette réforme,
“une révision des statuts de la pêche associative est nécessaire”. Le
président fédéral a conclu son rapport en s’adressant aux agriculteurs.
“Une concertation et une collaboration entre l’agriculture et le monde
de la pêche doit s’établir dans les années à venir compte tenu des
directives environnementales et des différentes sécheresses. Tout ceci
dans un but commun : la protection des milieux et l’amélioration de la
qualité de l’eau”.