La profession souhaite « alerter »le gouvernement, les industriels et la GMS pour défendre son revenu.
La mobilisation des éleveurs sur le prix du lait en annonce d’autres. Hier, la FNSEA et les JA ont lancé le mot d’ordre d’une journée d’action le 7 novembre concernant toutes les filières agricoles.
« On ne préservera pas le pouvoir d’achat des Français sur le dos des paysans », a réaffirmé le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer. Dans chaque département, les syndicats iront présenter au préfet un état des lieux du secteur.
« Nous souhaitons dénoncer les modalités de construction des prix alimentaires », a précisé le secrétaire général Dominique Barrau. Les actions consisteront à
« expliquer » aux représentants de l’Etat
« les évolutions entre les charges et les revenus » des agriculteurs. Autres cibles, les distributeurs, qui sont accusés de trop mettre la pression sur les fournisseurs. Des contacts seront pris avec les responsables des magasins, mais des initiatives pourront aussi être menées auprès des consommateurs, afin de leur expliquer
« la construction du prix alimentaire », a indiqué Dominique Barrau. Les principales entreprises agroalimentaires seront également visées pour les
« soutenir » dans leurs négociations avec les GMS, toujours selon le responsable syndical.
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Les producteurs de lait n’attendront sûrement pas pour amplifier leur mouvement, en cas d’échec des négociations demain au sein du Cniel. Jean-Michel Lemétayer s’est redit favorable à un système de fixation des prix permettant une plus grande réactivité au marché.
« L’interprofession laitière doit parvenir à un accord fixant les règles pour le quatrième trimestre 2008 et le début d’année 2009 », a-t-il insisté. Concernant les quotas, le président de la FNSEA a dénoncé la proposition de Bruxelles, qui vise une augmentation progressive avant la suppression en 2015.
« La commissaire Fischer Boel veut relever les quotas alors qu’il y a déjà trop de lait. Ça sort de toute logique économique », a-t-il déclaré.
Un autre rendez-vous attend la profession, avec la conférence sur les revenus agricoles, programmée le 12 novembre à l’initiative du ministère de l’Agriculture. La FNSEA espère obtenir le versement anticipé d’un mois des aides Pac pour les productions bovines et ovines. Cette mesure permettrait de soulager les trésoreries des exploitations, mises à mal par une conjoncture économique et sanitaire difficile. Jean-Michel Lemétayer a appelé à plus de régulation sur les marchés agricoles, qui ont connu ces derniers mois une grande volatilité. Il s’en est pris aussi à la Loi de modernisation de l’économie (LME), qui
« fait tout, sauf protéger » les producteurs. Cette loi, adoptée cet été, instaure de nouvelles relations de négociations entre distributeurs et industriels. La FNSEA réclame un observatoire des prix et des marges, qu’elle juge plus utile que le chariot type de Luc Chatel.