" Le changement climatique va considérablement modifier le visage de la viticulture australienne. Il y aura des gagnants mais aussi des perdants ", estime Leanne Webb, étudiante-chercheur au CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation). Les vignerons australiens doivent se préparer à ces changements afin d´éviter des pertes en qualité et en rendement , poursuit-elle. La température dans toutes les régions de production australiennes pourrait augmenter d´ici 2030 de 0,3 à 1,7 degré Celsius ce qui affecterait la qualité de la vendange et donc le prix payé pour une tonne de raisin qui pourrait ainsi diminuer de 12 à 57 %. La vulnérabilité de la filière viticole au changement climatique est d´autant plus grande que le style du vin est très lié au climat régional. Or, les températures dans certaines régions seront trop élevées durant la période de maturation pour produire des vins équilibrés avec les cépages qui y sont actuellement implantés.
La seule réponse à apporter au réchauffement du climat, selon Leanne Webb, est de délocaliser le vignoble vers des zones plus fraîches soit les côtes sud de l´Australie ou encore la Tasmanie, une île au sud de l´Australie. Le pinot noir ou le sauvignon blanc pourraient ainsi y retrouver des conditions optimales de production alors que la production de ces cépages diminuerait dans les zones où ils sont actuellement implantés. Le nombre de cépages disponibles dans les régions devenues chaudes voire très chaudes est également appelé à diminuer. La filière devrait étudier la création de variétés adaptées à cette nouvelle donne climatique, estime encore Leanne Webb.
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