Pendant des lustres, les fabricants d’aliments du bétail ont pu bénéficier, avec les céréales, d'une source de matières premières généralement bon marché. Cette époque semble durablement révolue.
La recherche du moindre coût de production n’est pas une nouveauté chez les industriels et les fabricants d’aliments du bétail n’échappent pas à la règle. Leur position d’interface entre le végétal et l’animal les conduit en outre à assurer à leur clientèle d’éleveurs, des aliments adaptés au meilleur prix aux besoins nutritionnels des animaux, contribuant ainsi à la compétitivité des filières de production animale.
Il y a donc dans leur activité une obligation de compétitivité sur le plan économique mais aussi la nécessité d’un savoir faire basé sur une recherche animale avancée. Cette dernière partie est encadrée par des réglementations européennes et nationales strictes, notamment sur le plan sanitaire, des cahiers des charges imposés par les partenaires d’aval, des disciplines consenties, comme les Guides de bonnes pratiques (dont la dernière version sera présentée le 2 octobre prochain aux journées de l’élevage de Clermont Ferrand). Le respect de toutes ces normes n’est pas aisé, mais du moins, les industriels de la nutrition animale savent-ils où ils doivent aller.
Pour le côté économique, il n’en va pas de même et la campagne céréalière 2007-2008 vient de démontrer la fragilité des positions apparemment acquises.
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Pendant des lustres, après la première réforme de la PAC, les fabricants d’aliments ont pu bénéficier, avec les céréales, d’une source de matières premières généralement bon marché, à des prix relativement stables ; celles-ci ont pris une place prépondérante dans les rations (l’alimentation du bétail est le premier débouché intérieur pour les céréales françaises).
Les FAB cherchent des « leviers d’action »
Les choses ont brutalement changé l’an dernier avec la hausse fulgurante des céréales et des autres matières premières destinées à l’alimentation du bétail. Les FAB ont dû faire preuve d’initiatives promptes pour amortir un tant soit peu les conséquences de cette flambée sur leur coût de production et ses répercussions sur le prix de l’aliment livré aux éleveurs. Il y a eu le recours notamment à l’importation massive (dans l’Union européenne, mais inhabituellement élevée aussi, en France) de maïs et de sorgho ou l’utilisation renforcée de sous-produits, telle la mélasse.
Depuis le début de la campagne 2008-2009, les prix des céréales ont baissé aussi vite qu’ils avaient monté, conséquence du passage de l’état de pénurie à celui d’abondance, mais comme le rappelait François Luguenot, analyste des marchés chez Louis Dreyfus, à l’occasion du séminaire organisé par Arvalis et l’UNIP, mardi, les récoltes mondiales n’établiront pas chaque année des records alors que la consommation de céréales progressera sur la planète au fur et à mesure que l’enrichissement des pays émergents accroîtra leur consommation de viande et donc leur besoins en céréales fourragères. Un effondrement des cours des céréales à long terme paraît donc improbable.
La crise des matières premières que viennent de traverser les industriels de l’alimentation animale devrait les inciter à rechercher, comme le suggère le séminaire UNIP/Arvalis,
« des leviers d’action pour maîtriser le coût des aliments ». Parmi les solutions envisagées au cours de cette réunion figurent l’affinement des formulations, l’utilisation des coproduits comme les drèches, que fournira la distillation à destination des biocarburants, la réactivité au marché des matières premières en tenant compte de leur volatilité, la réincorporation des graisses animales du moins dans les aliments porcs et volailles. Car, s’agissant des ruminants, le syndrome de la vache folle est toujours présent chez le consommateur, accompagné de la notion de cannibalisme. Cette recherche du meilleur coût devra aussi se faire dans le respect de la qualité du produit final et des impacts environnementaux.