L'idée trottait déjà dans la tête de certains depuis quelques années. La médiatisation de la fuite d'uranium du site nucléaire de Tricastin pourrait bien précipiter les choses. Les vignerons de l'appellation Coteaux du Tricastin pourraient prochainement demander à l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) de changer de nom. Henri Bour, président du syndicat de l'appellation, suit le traitement de l’affaire depuis son lieu de vacances.
« Je crains beaucoup de dégâts au niveau de l'image. Le mot Tricastin est cité 5 ou 6 fois par journal télévisé et à chaque fois associé à cette production industrielle. Je pense que la raison voudrait qu'on change de nom », confiait-il hier aux Marchés.
La décision sera prise lors d'une assemblée générale qui devrait se tenir au cours de la première semaine d'août. Voilà dix ans que l'appellation, qui a le bénéfice de l'antériorité, demande à EDF de rebaptiser son site. En vain. Il y a deux mois (donc avant l'incident de la Socatri), Michel Barnier avait confié une mission à Mr Garcia pour réaliser un audit de l'AOC. Les conclusions remises ces jours-ci au ministre pencheraient en faveur d'un changement de nom de l'appellation.
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Si la décision était officiellement prise et acceptée par l'INAO, les vignerons pourraient opter pour Grignan, du nom d'un village charmant de la Drôme ou confier la recherche d'un nom à un cabinet spécialisé. Les bouteilles issues de prochaine vendange porteront encore Coteaux du Tricastin sur l'étiquette. Mais Henri Bour espère que dès 2009, elles arboreront une nouvelle appellation.
« Au-delà de l'AOC “vin du Tricastin”, c'est l'ensemble de l'activité agricole qui est touchée en production et en réputation », écrit Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, dans une lettre adressée lundi à la présidente d'Areva. Même s’ils refusent de céder à la psychose, autour de Tricastin, les agriculteurs craignent d'éventuelles dénonciations de contrats de la part d'industriels ou de GMS. La FDSEA du Vaucluse se rend ce jour à la préfecture pour évoquer une expertise sur la perte réelle d'image des productions agricoles.