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«L’an dernier, on avait l’impression que ce n’était pas une maladie grave. La fièvre catarrhale, cela signifiait des ventes de broutards bloquées, et des baisses de prix », se rappelle Christophe Loiselet, éleveur dans les Ardennes. Cette année, la fièvre catarrhale ovine (FCO) fait des morts, des malades, et engendre des pertes économiques colossales. Le moral est au plus bas dans les élevages touchés. « Je n’ai jamais vu une maladie aussi dramatique de toute ma vie de praticien, ce qui fait quand même vingt-cinq ans de métier », reconnaît Gérard Bosquet, vétérinaire dans les Ardennes et secrétaire général de la SNGTV.
1 À 2 % DE MORTALITÉ
Le virus sérotype 8 de la fièvre catarrhale peut tuer très vite. En bovin, la mortalité est estimée à 1 à 2 % des animaux malades. Le pourcentage de malades est difficile à évaluer, tant les symptômes sont différents d’un animal à l’autre, passant parfois inaperçus. Le Gaec des mille arpents a soigné vingt-cinq bovins depuis la mi-août, soit 14 % de son cheptel. Dans les troupeaux ovins, la proportion de malades (30 à 50 % des moutons) et de morts (5 à 10 % du cheptel, 15 % des malades) est bien plus importante.
DE GRAVES SÉQUELLES
Le virus laisse des séquelles sur les animaux ayant guéri, qui se retrouvent amaigris et fatigués. « Il peut y avoir des lésions musculaires. Les vaches ont des pattes raides, elles ont mal quand elles marchent. J’en ai une qui n’arrive plus à aller s’alimenter. J’attends que le délai d’attente des traitements soit passé, et elle partira à l’abattoir… si j’arrive à la vendre », expose David Hollertt, un autre éleveur des Ardennes. La maladie provoque une chute de la production laitière. « J’ai observé des inflammations de la mamelle, des trayons bleuâtres à violets, avec des crevasses. Les début de lactation se font à dix-sept litres, soit une chute de la production de 50 %! », indique Christophe Loiselet. David Hollertt a remarqué que les fraîches vêlées développent plus facilement la maladie. « La traite est douloureuse : les vaches sautent en salle de traite ! La production laitière a chuté et pour l’instant elle ne remonte pas. Par exemple, j’ai une vache qui est à 29 kg cette année, contre 38 kg l’an dernier au même stade de lactation. »
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BAISSE DE LA PRODUCTION
Les éleveurs et Gérard Bosquet listent les symptômes observés : « Il y a des bêtes qui gonflent, comme si elles météorisaient. Certaines ont les yeux enflés qui pleurent, des croûtes sur le nez, le nez qui morve. Les animaux toussent, soufflent. Les vaches sont fatiguées, molles, se traînent. Elles boitent. Certaines saignent au-dessus du sabot, d’autres perdent carrément leurs onglons. On sent qu’elles ont mal en se déplaçant. Certaines ne lèvent plus la queue pour déféquer. » Ce qui inquiète les éleveurs, ce sont les séquelles laissées par la maladie, les rechutes, et l’impact sur la reproduction. « Nous avons vu des ovins retomber malades. En bovin, on ne l’a pas encore observé », pointent David Hollertt et Christophe Loiselet. Ce dernier ajoute que « la maladie fait des yoyo. La production laitière réaugmente, puis rebaisse. Une semaine, il y avait beaucoup moins de malades ; on a cru qu’on en voyait le bout, et puis une nouvelle vague de malades est arrivée. » Gérard Bosquet explique que l’expression des symptômes est liée à la charge virale, donc au nombre de piqûres des insectes.
GROSSE CRAINTE POUR LA REPRODUCTION
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