Aperçu cet été dans le vignoble italien, le nouveau robot de traitement des vignes et vergers XAG R200 s’annonce comme une innovation de poids.
Il est tout petit, tout mignon, mais représente une véritable innovation dans le secteur de la pulvérisation : c’est le Rover R200, version 2025 RevoSpray. Ce petit nouveau dans l’univers des robots est conçu par l’entreprise chinoise XAG et a déjà été distingué lors du salon italien Enovitis in campo cet été. De quoi nous donner envie d’en savoir plus sur cet appareil. « Il s’agit d’une innovation technologique majeure, permettant des économies financières substantielles et une meilleure efficacité opérationnelle sur le terrain », introduit Simone Rudas, importateur des robots chez Furaito, en Italie. Il est adapté tant aux vignobles qu’aux vergers ou même aux serres. Il peut à l’heure actuelle être équipé du module de traitement ou être employé en tant que porteur (débardage de caisses à vendange, piquets, etc.).
Léger et compact, le R200 pourrait grimper des pentes de 25 %
De fait, c’est un robot léger (130 kg à vide en configuration traitement) qui ne mesure que 80 cm de large et moins de 2 m de haut, avec une garde au sol minimale de 27 cm. Ces caractéristiques lui permettent d’évoluer même dans les vignes étroites ou dans les petits fruits et de limiter les tassements des sols, et également de pénétrer dans des parcelles détrempées. Et ce d’autant plus que le R200 est muni de six roues motrices indépendantes, montées sur essieux portiques suspendus, chacune étant alimentée par un moteur de traction électrique de 100 W. « En cas de perte d’adhérence d’une roue, le système de transmission indépendant répartit la traction entre les roues restantes », enseigne Todor Shishkov, directeur commercial à l’international pour le groupe Nik, importateur de la machine en Europe.
Ce dernier indique par ailleurs que le XAG R200 est capable de franchir des pentes de 25 % (environ 14°). En outre, il peut manœuvrer même dans les parcelles à faible tournière, puisqu’il tourne sur lui-même.
Pour se localiser, le XAG R200 utilise un double système de navigation (RTK + Vision IA pour le suivi dans le rang et la détection d’obstacles) pour « une précision centimétrique du parcours sans intervention humaine », garantit l’importateur italien. L’opérateur définit le périmètre de travail via Smartphone, radiocommande ou avec le robot lui-même. Ensuite, le R200 exécute la mission en toute autonomie, en détectant et en évitant les obstacles mobiles ou fixes grâce aux capteurs radars et visuels, ainsi qu’à la fonction d’arrêt d’urgence (emergency stop).
Une alimentation électrique par batteries au lithium
Le R200 est 100 % électrique et est alimenté par des batteries « intelligentes » au lithium, qui actionnent 6 moteurs brushless « à haute efficacité » selon la firme.
Du côté de la pulvérisation, le constructeur chinois a opté pour la technologie centrifuge à gouttes calibrées. « C’est un système de pulvérisation innovant, analyse Adel Bakache, conseiller en agroéquipement à la chambre d’agriculture de Gironde. La buse est rotative comme sur un drone et insérée dans une structure en forme de dôme qui pivote. La vitesse de rotation du ventilateur est réglable et la gestion de la taille des gouttes s’effectue sur la télécommande, indépendamment pour chaque buse. » Ces dernières peuvent aussi être fermées une à une. Des formes aérodynamiques à l’intérieur de la turbine permettent d’accélérer le flux.
« Lorsque le ventilateur est à 100 %, cela souffle beaucoup et brasse bien le feuillage, poursuit le conseiller. La limite que j’ai identifiée porte sur la taille des gouttes. Le maximum actuellement est de 200 microns, soit l’équivalent de buses AD ou TT. Or pour la réduction de dérive, on a besoin de 300 ou 400 microns. » Il estime que la zone des grappes peut être ciblée sans souci. « On pourrait imaginer un module positionné vers la zone des grappes, et un autre vers le haut du feuillage », détaille-t-il. Le R200 dispose en effet de quatre JetSprayers à angle réglable, généralement configurés à raison de deux par côté. Ces derniers sont alimentés par quatre pompes à turbine flexible, pour un débit total maximal de 16 litres par minute. Le débit d’application est ajusté automatiquement en fonction de la vitesse d’avancement, selon la méthode DPAE. « La configuration standard n’utilise pas de capteur de densité de végétation pour adapter la dose à chaque pied, note Todor Shishkov. Son système de vision sert principalement au suivi de la trajectoire et à la détection des obstacles. »
Nik met également en avant une portée horizontale maximale allant jusqu’à 7 m par côté, selon le vent, la vitesse de travail, la structure de la culture et les réglages du pulvérisateur.
Des chargements nombreux et fréquents
La cuve a une capacité de 240 litres. « L’entreprise a décliné la philosophie des drones, à savoir que le robot est dimensionné pour vider sa cuve en même temps que sa batterie », témoigne Adel Bakache. Cela implique néanmoins une présence active d’un opérateur. Ce qui ne devrait plus être le cas dès fin 2026, l’entreprise travaillant au lancement d’un module de recharge automatique (bouillie et batterie). L’appareil ne possède pas de cuve de rinçage et il n’y a pas de retour en cuve, mais les finitions semblent bien pensées avec, par exemple, des bouchons ergonomiques pour le trou d’homme.
Au niveau de la vitesse de travail, elle est de l’ordre de 5,4 km/h maximum, pour deux faces de rang à la fois. « Dans cette configuration, l’appareil a une autonomie d’environ 30 minutes par batterie, selon la charge utile, le terrain, la vitesse et les réglages du ventilateur », met en avant le directeur commercial. Une fois cette demi-heure écoulée, l’utilisateur doit changer la batterie et mettre la vide à charger. Cela prend entre 12 et 15 minutes avec le chargeur CM13600S de 3,4 kW. Raison pour laquelle il est préférable d’avoir 2 batteries.
Ces dernières (entre une et trois) sont de toute manière incluses dans le pack complet commercialisé, qui comprend en outre un générateur pour la recharge des batteries, une station de refroidissement pour les batteries, une station de base au cas où la réception du signal GPS serait défaillante, la télécommande, le tout pour un coût maximum de 20 000 euros.
Un entretien réduit à sa plus simple expression
La configuration initiale de la machine est relativement simple. Il faut prévoir une à deux heures pour la mise en service, hors formation plus approfondie des opérateurs. Il faut ensuite arpenter la parcelle ou serre à traiter en enregistrant manuellement l’itinéraire, ou bien se baser sur une cartographie qui sera implémentée dans le logiciel. Le robot peut fonctionner en mode autonome ou être dirigé via une télécommande.
Le R200 est généralement transporté à vide sur une remorque adaptée ou dans une fourgonnette ou un véhicule utilitaire, à l’aide de rampes de chargement. Il n’est pas homologué pour se déplacer sur route.
L’entretien mécanique du R200 est « relativement simple car il ne comporte ni moteur à combustion, ni huile moteur, ni système d’alimentation, ni transmission conventionnelle », avance Todor Shishkov. De même, il estime que le nettoyage courant prend entre 15 et 30 minutes, « selon le produit utilisé et le niveau de contamination. La procédure est simple, mais un nettoyage immédiat après l’application de produits chimiques est essentiel ».
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