La résorption des excédents d'azote avance d'un pas soutenu en Bretagne.
Au bout de trois programmes de maîtrise des pollutions d’origine agricole, et à quelques mois du démarrage du 4
e, l’administration reconnaît les efforts accomplis par la profession agricole. Que ce soit dans la mise en œuvre de mesures agronomiques nouvelles sur l’ensemble du département classé « zone vulnérable », ou de mesures renforcées dans les 29 des 52 cantons du département désignés zones d’excédents structurels. L’administration avait estimé à 15 000 tonnes l’excédent d’azote dans les ZES, des effluents que les terres, plafonnées en épandage à 170 kg par hectare et par an ne pouvaient absorber. A ce jour, 11 500 tonnes ont été résorbées : à la marge par l’alimentation biphase et la réduction des effectifs, un peu plus par l’exportation et surtout grâce au traitement. La DDA du Finistère précise que 427 des 450 élevages soumis à l’obligation de traiter ont choisi principalement d’investir seuls ou en commun dans une station de traitement ; 95 d’entre eux ont opté pour le transfert des déjections en zones situées à moins de 140 kg d’azote par hectare et par an.
Pour parvenir au plus près de l’élimination totale des excédents azotés, l’administration espère que la restructuration autorisée dans les ZES fera son œuvre. 440 sites ont été repris par 260 exploitants, à 91 % des élevages porcins. En reprenant les bâtiments, pour l’essentiel d’anciens élevages avicoles dont le Finistère a perdu 20 % des effectifs en quelques années, les cochonniers reprennent des droits à produire calculés sur la production d’azote.
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Si, dès à présent, 6 des 29 cantons finistériens en ZES ont réalisé leur objectif de résorption, ils ne sortent pas tout de suite du classement. Car l’impact sur la teneur en nitrates contenue dans les eaux bretonnes n’est pas immédiat. L’administration constate même une légère remontée de la pollution par les nitrates dans les cours d’eau du département. Et deux bassins versants situés dans le nord du Finistère et à l’origine (avec d’autres bassins) du contentieux avec l’Europe font actuellement l’objet de mesures plus restrictives qu’en ZES.
La profession agricole, pour sa part, prépare ses propositions pour faire évoluer la réglementation dans le 4
e PMPOA. Elle souhaite notamment que les effluents d’élevage puissent être cédés aux exploitations qui en manquent à l’intérieur des ZES, et qui sont dans l’obligation d’utiliser de l’azote minéral.