La décision a été mûrement pesée par les gérants : la ferme des 1000 vaches -qui en compte en réalité aujourd’hui 800- va cesser la production laitière au 1er janvier prochain. Cette décision résulte d’un cruel manque de visibilité à moyen terme, la ferme disposant seulement d'une autorisation pour 500 vaches et restant encore aujourd'hui en attente d'une autorisation pour monter à 1000 vaches. Rien n’indique aujourd’hui que cette demande allait aboutir.« Pourtant, en atteignant les 1 000 vaches, l'activité laitière aurait été viable; elle ne l'était pas en deçà », insiste Véronique Retaux, attachée de presse de la ferme en pointant l’incohérence entre le fait d’avoir obtenu un permis de construire une stabulation pour 1 000 vaches et les difficultés d’obtenir une autorisation correspondant à cet effectif. " Nous avons été plus que patients au terme de ces six années d’attente… » D’autre part, l’annonce récente de la laiterie Milcobel indiquant son intention de recentrer ses activités sur la Belgique a compliqué encore un contexte déjà difficile. Rappelons que la ferme est en attente de décisions de justice suite à la condamnation des exploitants en décembre 2019 à payer des pénalités pour avoir dépasser le seuil des 500 bovins.
C’est le sentiment d’un énorme gâchis qui prédomine aujourd’hui. L’activité laitière va stopper progressivement en privilégiant un tarissement des laitières par la voie alimentaire. Les animaux seront vendus. Que deviendront les stocks ? Seront-ils valorisés à travers l’unité de méthanisation existante ? Plusieurs pistes sont en cours de réflexion pour réorienter l’activité agricole de la structure. Seule chose certaine, la partie cultures, sur les 1000 ha exploités, va se poursuivre.
« Malgré tout, nous avons quand même la fierté d’avoir montré qu’une autre voie était possible pour l’élevage laitier en permettant de se regrouper. La ferme a pu être décriée, mais on a montré que ce modèle tenait la route. »