La compagnie de Chloé Béraud se mérite. Au départ du col de la Croix-Saint-Robert dans le Sancy, il faut encore s’aventurer à pied dans les massifs de myrtilliers pour aller à sa rencontre. Sur les crètes verdoyantes, on aperçoit une petite tache blanche informe. Le troupeau pâture sur les hauteurs. Il faut encore grimper… Tandis que le commun des mortels s’époumonerait sous ce soleil de juillet, Chloé aussi fraîche et rayonnante qu’au petit matin, continue son ascension en tête du troupeau. L’agilité de la jeune femme est semblable à celle des chamois vivant dans la vallée voisine. « Les bergers, nous avons une très bonne condition physique », se sent-elle obligée de préciser. Originaire du Puy-en-Velay, elle a d’abord été bergère dans les Alpes avant de revenir en Auvergne. Un métier « rude » dit-elle où il faut « aimer la solitude et la vie en montagne ». Depuis mi-juin et jusqu’au 15 octobre, elle reste seule avec son troupeau de plus de 2 000 têtes (appartenant à 13 éleveurs) et ses trois chiens. « Je n’ai pas peur. Ici il n’y a ni rodeurs, ni loups. »
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