Gestion de l’eau : BioFiltro transforme les effluents de chai en lombricompost

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Le Bida du Château Palmer évite à l'exploitation d'envoyer des camions pleins d'effluents sur les routes pour relier la station d'épuration de Listrac-Médoc. Crédits : © BioFiltro

Traiter les eaux usées en sortie de cave grâce à une station de lombricompostage, tel est le pari de BioFiltro. Une solution économe en énergie, qui génère comme seul déchet un compost utilisable dans les vignes.

Le Château Palmer, situé à Margaux, en Gironde, a mis en service pour les vendanges 2025 l’un des premiers procédés de traitement d’effluents vinicoles par lombricompostage du continent. L’entreprise BioFiltro, créée au Chili en 2000 et bien implantée dans le Nouveau Monde se lance sur le marché européen. Son système Bida repose sur un substrat de copeaux de bois dans lequel se développent des lombrics et au travers duquel les effluents percolent. « Ce ne sont pas à proprement parler les vers de terre qui dépolluent, mais ils creusent des galeries qui aèrent et créent un biofilm où se développent les bactéries qui attaquent les polluants, précise Gautier Laspalas, associé chez BioFiltro. Ils rendent le substrat vivant. »

Les effluents entrent en continu dans le système via des « sprinklers » (ou arroseurs), après être passés par un dégrilleur et une cuve d’égalisation où sont régulés le pH et le potentiel d’oxydoréduction. L’eau traitée est récupérée en sortie pour être réutilisée (REUT), et le procédé ne génère pas de boue mais produit un vermicompost. « C’est ce qui nous a plu dans le concept, il n’engendre pas de déchet », confie Laura Esperandieu, directrice du développement au Château Palmer, propriété qui vinifie environ 2000 hectolitres par an et doit gérer près de 500 m3 d’effluents dans l’année.

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Un procédé économe en énergie grâce à l’absence de bulleur

Sans compter que l’absence de bulleur le rend économe en énergie par rapport aux lagunes, et que l’eau traitée est stockée dans une cuve de 50 m3 pour le réemploi (nettoyage des sols, arrosage des espaces verts…). « Sachant que la régulation du système et le suivi des paramètres sont automatisés : si l’effluent en sortie n’est pas conforme, il recircule », indique Gautier Laspalas. Le bassin de 170 m2 est bâti en béton recyclé et contient une hauteur de 1,20 m de pin maritime des Landes en plaquettes de 5 cm. Tous les deux ans, il sera vidé pour récupérer les 100 m3 de compost, puis rempli de nouveaux copeaux et réinoculé en lombrics du genre Eisenia.

Après un mois en conditions réelles, le Château Palmer est satisfait du fonctionnement. « Il y a zéro charge mentale, c’est appréciable, témoigne Laura Esperandieu. Il faut juste vérifier de temps en temps si une buse ne s’est pas bouchée. » L’activité des vers de terre se régule d’elle-même : lorsqu’ils ont moins à manger, ils descendent en profondeur et se mettent en dormance. « C’est un système très résilient », assure Gautier Laspalas. Quant au coût de l’installation, BioFiltro indique être plus cher de 10 à 20 % qu’un système de boues activées, mais du même ordre de grandeur qu’un bioréacteur couplé à un lit planté de roseaux.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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