Diversification : bientôt de la noix de pécan française en agroforesterie ?

- - 4 min
Quelques pacaniers sont cultivés en France, comme ici dans la collection de la Senura, station d'expérimentation nucicole du Sud-Est. Crédits : © Association française d’agroforesterie

Alors qu’un appel à candidatures clôturé en mars permettra de financer quatre plantations pilotes de 200 à 250 pacaniers dans le cadre du projet French Pécan, les conditions de culture de ce fruit à coque commencent à se préciser.

Produire des noix de pécan en systèmes agroforestiers, que ce soit avec des arbres fruitiers, légumineuses, grandes cultures, plantes mellifères, haies ou de l’élevage ? C’est ce qu’étudie l’Association française d’agroforesterie via French Pécan, projet expérimental lancé en 2022, aujourd’hui financé par FranceAgriMer (Casdar)​​​​​​. Les plantations pilotes de 200 à 250 pacaniers bientôt lancées suite à l’appel à projet clôturé en mars permettront d’avancer de façon décisive sur les conditions d’acclimatation du pacanier en contexte français. Certains éléments sont déjà connus.

Quelles variétés sont possibles ?

Pawnee, Mahan, Wichita ou encore Cheyenne… Pour choisir ses variétés parmi les dizaines disponibles, il faut tenir compte de la dichogamie du pacanier. « Les fleurs mâles et femelles n’apparaissent pas au même moment, il faut donc associer des protandres et des protogynes », explique Mathieu Duflos, chef de projet à l’Association française d’agroforesterie.

Les variétés tardives sont recommandées pour « prévenir le risque de gelées tardives sur les bourgeons », précise le site de l’association.

Où cultiver le pacanier ?

Tolérant au gel (-10 °C), à la sécheresse et aux vagues de chaleur, le pacanier apprécie les étés chauds et les hivers doux. « Il pousse partout, remarque Mathieu Duflos, la question est de savoir si l’atelier sera rentable. Cet arbre préfère les sol limoneux, assez profonds, avec un pH entre 6 et 8, et drainant où l’eau ne stagnera pas trop longtemps. »

L’association a recensé une quinzaine de professionnels ou particuliers qui ont planté des pacaniers pour voir ce que cela donne, de dix arbres à un ou deux hectares. Certains sont en Bretagne, dans le Loiret et même dans le Nord. Dans le Lot-et-Garonne, un producteur fait état, sur son site Internet, de 70 ha de pacaniers bio, plantés en 2015.

À noter que le pacanier présente un intérêt pour les producteurs de noix déjà installés qui voudraient se diversifier : « Les deux arbres sont proches, souligne Mathieu Duflos. Les producteurs de noix peuvent utiliser les mêmes machines pour l’entretien de la parcelle ou la récolte, mais pas pour la casse. » French Pécan travaille sur un prototype pour casser les noix de pécan.

Comment le planter ?

L’association recommande une plantation en butte avec une orientation Nord/Sud, après sous-solage. Elle a répertorié différents schémas (8x6,10x10, 10x15…) et conseille en agroforesterie de déterminer l’espace interrang en fonction de l’outil le plus large.

Comment le tailler ?

L’objectif de la taille est ici de « former un axe central (forte dominance apicale) et de faire entrer la lumière à l’intérieur du houppier », enseigne l’association. Passée la taille de formation les trois premières années, il faut sélectionner 4 branches « bien réparties avec 20 cm entre chacune », avec une première charpentière à partir de 1 mètre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

FranceAgriMer
Suivi
Suivre
irrigation
Suivi
Suivre

Comment l'irriguer ?

« Pour assurer une bonne qualité, indique le chef de projet, l’arbre a normalement besoin d’être irrigué pendant le remplissage des noix de mai à septembre, surtout dans la moitié sud. »

Le calendrier du pacanier

Entrée en production 6 à 8 ans, selon les variétés.

Plantations novembre à mars (racines nues) ou juin (en pots).

Taille décembre à février.

Débourrement avril.

Irrigation en fonction des besoins : mai à septembre.

Floraison mai, juin.

Récolte (quand 80 % des brous sont fissurés) : octobre, novembre.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires