Si la lumière chez Bruno Couderc est restée allumée jusque tard dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 septembre, c’est qu’à Ugeols de Saint-Illide, on attendait de pied ferme le collecteur laitier. Accompagné de quatre ou cinq agriculteurs voisins, le responsable cantonal de la section laitière de la FDSEA a tenu ainsi à alerter, à travers son entreprise, l’ensemble des entreprises laitières sur un malaise grandissant. “Nous tenons à ce que les entreprises laitières respectent l’accord de prix interprofessionnel, garant d’un minimum payé aux producteurs”, explique M. Couderc. “Les privés se moquent de nous, c’est inadmissible ; mais quand c’est la coopération, c’est encore plus inacceptable”, martèle un autre. Cette nuit-là, ils bloquent le camion de la société laitière de Mauriac.
Les coopératives autant que les privés
“Cette entreprise est sous la barre des accords de 2 centimes d’euros
aux 1000 litres”, dénonce le responsable syndical. “Et sur l’aide au
contrôle laitier, je perçois l’équivalent de 2 centimes de franc en
moins par litre depuis avril ou mai”, poursuit-il en livrant son
témoignage pour exemple. “Et parallèlement, les normes en matières de
cellules se durcissent”, fait remarquer un des manifestants. “Sans
compter la complexité pour lire la feuille de paie”, ajoute un autre.
Il manque pourtant une ligne à leurs yeux : l’instauration d’un
complément de prix AOC. Un “juste retour aux producteurs pour la
valorisation des produits de qualité”, selon la FDSEA. Plusieurs revendications
Mais ces revendications, partagées avec les Jeunes agriculteurs, ne
s’arrêtent pas là. Les syndicats réclament aussi auprès des pouvoirs
publics le versement immédiat de l’aide laitière ; auprès des banques,
des prêts à taux zéro ; auprès des entreprises, l’annonce de prêts de
campagne à 10 %... Ils attendent en outre que les procédures d’échange
soient reconduites ; que les quotas ne soient jamais marchands ; que le
projet de décret AOC cantal soit enfin validé ; que les promesses de
revalorisation de l’indemnité montagne soient tenues ; que le nouveau
dispositif de prime à l’herbe n’exclue pas d’actuels bénéficiaires... A
Ugeols, le collecteur a été bloqué moins d’une heure. Un premier coup
de semonce avant la suite des actions, qui devraient prouver la
détermination des producteurs de lait.
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