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La fabrication d’aliments du bétail, qui est le cœur de métier de la coopérative bretonne, a été malmenée durant l’année 2021. Car elle a été doublement impactée par les hausses de matières premières et par la Covid qui a pesé sur les volumes produits par les adhérents (1) en volailles, œufs et porcs.
Les volumes ont reculé de 2,8% (849 000 tonnes) avec une érosion des marges que ne reflète pas l’augmentation de 30 millions d’€ du chiffre d’affaires global (657 M€). La problématique qui est aussi celle d’aujourd’hui a été de répercuter rapidement à l’aval les hausses des intrants.
Au final, le résultat s’établit à 3,5 M€, nettement en retrait par rapport à l’habitude de se situer autours des 10 M€.
Malgré ce contexte défavorable, Le Gouessant a poursuivi ses soutiens aux adhérents. Dans le porc, c’est le paiement des charcutiers à 2 jours au lieu de 11 jours. Dans l’œuf, c’est le maintien des rémunérations en Bio malgré le déclassement des œufs Bio en code plein air. S’ajoutent les avances aux cultures, la poursuite des aides à l’éclairage naturel en poulaillers (environ 3 M€). « Nous serons très bientôt à 100 % des poulaillers conformes à la charte Nature d’éleveurs » se félicite le président Thomas Couépel, lui-même aviculteur.
Pour assurer et sécuriser des débouchés pour ses adhérents, Le Gouessant assure la commercialisation des volailles vivantes, des poulettes et des œufs.
En volaille de chair, la coopérative suit la tendance nationale au repli avec une baisse des volumes de vif de 2,5%. Le principal changement vient du recul de la dinde de 13 %, entièrement compensé par du poulet. Les volumes de pintade ont été multipliés par trois. Plus que jamais, avoir des poulaillers polyvalents est une nécessité. Le parc de bâtiments chair des adhérents Le Gouessant est d’environ 300 000 m2.
Dans la filière ponte, la coopérative a poursuivi la mise aux normes du parc poulettes désormais spécialisé en fonction du mode de logement des pondeuses : sol pour fournir des poules en cage, volière pour celles en volières, avec accès extérieur pour les pondeuses Bio. « Désormais, avec une capacité d’1,5 million par an, notre parc poulette Bio est totalement conforme » assure le directeur Rémi Cristoforetti.
Le fait marquant en œuf est la poursuite du désengagement du code 3, annoncé depuis plusieurs années. Le volume recule de plus de 40 % (208 millions d’œufs) et cela devrait être du même ordre cette année (150 à 180 millions). Le fait inattendu a été le retournement du marché de l’œuf bio au second semestre 2021 . « On s’attendait à un marché de l’œuf plus compliqué mais pas à un tel basculement » commente le directeur du Gouessant.
En aliment pour les reproducteurs, Le Gouessant revendique 24 % des volumes bretons, tandis que le volume volailles de chair augmente de 4 % en dépit du recul de la production de ses adhérents (ventes à des organisations de production).
Parallèlement à l’alimentation animale, le coopérative investit dans des activités périphériques pour ramener de la valeur à ses adhérents et leur permettre d’investir pour s’adapter aux transitions (bien-être animal, changement climatique…). Ce pôle a engrangé 82 M€ de chiffre d’affaires en 2021. Ses faits marquants sont le rachat d’une usine d’aliments aquacole dans les Landes (Aqualia), la prise de participation d’une ferme d’élevage de gambas (Lisaqua), le développement des ingrédients Bio pour la nutrition humaine sur l’usine de Noyal sur Vilaine, le lancement d’une marque grand public d’aliments pour basse-cour, pêche, zoos (Dar’win).
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Quant aux perspectives 2022, les dirigeants se gardent bien d’en donner dans un contexte aussi évolutif. « L’année 2022 est vraiment affreuse, s’exclame Thomas Couépel, mais nous continuons à produire pour nourrir les Français. « Nous avons de bons fondamentaux financiers pour passer une crise de cycle » ajoute son directeur. « Nous devons nous préparer à voir la moitié des capacités de production changer de mains dans les dix ans, poursuit le président. Avec tous ces défis à relever, il faut installer des jeunes, même en conventionnel. Sachons les attirer et leur donner les moyens de vivre car j’ai la certitude que ce qui va disparaitre en Bretagne ne se fera pas ailleurs. En ces temps difficiles, la performance et l’efficience sont vraiment indispensables. »
(1) Le Gouessant revendique plus de 4500 adhérents sur les quatre départements bretons, ainsi qu’en Normandie (Calvados, Manche, Orne) et Pays de Loire (Loire Atlantique, Maine et Loire, Mayenne) suite à son extension dans d’autres zones d’élevage depuis 2019
Chiffre d’affaires : 657 M€ (+ 30 M€) dont 82 M€ hors aliment du bétail
Résultat net : 3,5 M€ Investissements : 19 M€
Aliments du bétail : 849 000 tonnes
« Conformément à ses engagements, Le Gouessant respecte les contrats passés avec les éleveurs » rassure Thomas Couépel. A la suite du retournement du marché Bio qui peut s’expliquer par l’effet prix (impact négatif de la hausse des matières premières et mise en place du règlement Bio européen), la coopérative a décidé de réduire fortement sa voilure. Comme le Bio pèse 45 % des volumes, ce sont 30 % des éleveurs à qui il va être demandé de passer en mode plein air.
« Nous allons examiner chaque situation au cas par cas et nous respecterons les contrats signés » assure le président. Concrètement, passer en plein air veut dire 50 % de poules en plus (9 au lieu de 6 par m2 intérieur), donc de parcours à agrandir dans un certains nombre de situations.
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