L’idée d’intégrer les groupements de défense sanitaire aux Chambres d’agriculture a été évoquée par le sénateur Laurent Duplomb lors du débat sur la PLF 2025. Le sujet devrait être abordé lors des assises sanitaires.
L’Agence Bio n’est pas le seul organisme dans la ligne de mire des politiques pour réaliser des économies dans le cadre du projet de loi de finances 2025. « Avec de moins en moins d'agriculteurs, il faudra des fusions d'organismes, par exemple des groupements de défense sanitaire (GDS) avec les chambres d'agriculture. Cette fusion serait source d'économies d'échelle », a lancé le sénateur Laurent Duplomb, le 17 janvier lors de l’examen au Sénat de la mission agriculture du projet de loi de finances 2025.
Une question que le sénateur espère bien voir mise sur la table lors des assises du sanitaire organisées à compter du 30 janvier prochain.
Nous réfléchirons ensemble à une stratégie concertée
Une interpellation à laquelle Annie Genevard n’a pas directement répondu soulignant toutefois : « lors des assises du sanitaire, nous rassemblerons les représentants des éleveurs, parfois très découragés, voire désespérés, les vétérinaires - M. Duplomb a raison d'insister sur cet enjeu -, les organismes de défense sanitaire, les laboratoires. Nous réfléchirons ensemble à une stratégie concertée ».
Dans son rapport sur le budget agricole 2025, Laurent Duplomb, corapporteur pour la commission des affaires économiques du Sénat avec Franck Menonville, avait déjà proposé fin novembre d’ouvrir « une réflexion sur une rationalisation de la gouvernance territoriale de la surveillance sanitaire, qui intègrerait les groupements de défense sanitaire (GDS) aux chambres d’agriculture, ainsi que, par parallélisme, les Fredon qui jouent le même rôle pour la santé des végétaux ».
Les chambres d’agriculture risquent de devenir juge et partie
La Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale avait interrogé la ministre de l’Agriculture le 20 novembre sur le sujet lors de son audition. Le député Modem de la Vienne Pascal Lecamp s’inquiétait alors de cette idée : « des éleveurs ovins de mon territoire m’ont fait part de leur avis. A première vue, [cette idée] semble dangereuse, dans la mesure où les chambres d’agriculture risquent de devenir juge et partie », déclarait alors le député.
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Il existe 86 GDS en France, pilotés par 1028 administrateurs éleveurs et animés par 1141 salariés, rappellent nos confrères d’Agra Fil. Depuis la proposition dans le rapport budgétaire, le réseau GDS France a rencontré la ministre de l’Agriculture qui lui aurait confirmé que la proposition n’était pas à l’ordre du jour, selon les propos de Christophe Moulin, président de GDS France recueillis par nos confrères.
Une méconnaissance du travail des GDS dénoncée par GDS France
« Ce sont des débats que nous avons eus il y a 70 ans, et qui reviennent régulièrement par méconnaissance de notre travail. Notre approche ne doit pas être sous l'influence du politique et de l'économique. Nos élus sont apolitiques, pour prêcher non pas la belle parole, mais la bonne parole » argumente-t-il.
Notre approche ne doit pas être sous l'influence du politique et de l'économique
Initiés au début des années 1950, les GDS sont des associations d’éleveurs aux échelons départemental et régional fédérées à l’échelon national par GDS France. Historiquement dédiés à la filière ruminants dans la lutte contre la fièvre aphteuse et la tuberculose bovine, leur périmètre d’action s’est étendu à un large panel d’actions collectives de prévention et de lutte sur des maladies réglementées et non réglementées.