Bovin : le commerce morose dans la viande n’aide pas le marché du vif

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Le contexte économique tendu et les troubles ne sont pas propices aux commandes des bouchers et des restaurateurs. Crédits : © Virginie Pinson

Les sorties de vaches laitières pèsent sur le marché, d’autant plus que la demande, notamment de la restauration est en retrait dans un contexte compliqué. En vaches allaitantes, la pression est plus forte sur les femelles d’entrée de gamme, les vaches U résistent. Les prix des jeunes bovins se maintiennent alors que la demande saisonnière repart en Europe. 

La consommation de viande bovine, calculée par bilan, s’est rétractée sur les huit premiers mois de 2026 (-1,4 %) par rapport à la même période en 2025, tirée par la baisse conjointe des importations (-6,1 %) et des abattages (-2,3 %), selon le bilan de FranceAgriMer. Mi-octobre, les abattoirs brossaient un portrait négatif du marché de la viande bovine. 

Une consommation de viande pénalisée par le contexte

Les grossistes leur passaient des commandes jugées décevantes, car leurs clients restaurateurs, aux marges resserrées, privilégiaient des viandes moins onéreuses et car les achats des ménages pâtissent du contexte économique compliqué et de la vie chère. De nombreuses boucheries de centre-ville avaient aussi limité les commandes la semaine dernière, craignant à raison un mauvais samedi avec les manifestations prévues. Les restaurateurs sont aussi nettement en retrait, entre fin de mois, vacances scolaires et troubles en centre-ville. Pas de rebond des commandes cette semaines alors que samedi prochain pourrait-être tout aussi mouvementé. À noter que le piratage des frigos des grandes surfaces le 12 octobre a eu un impact plus fort sur les produits élaborés que sur les produits bruts, et les opérateurs ne rapportent pas de réapprovisionnements massifs. Seule note positive sur le marché de la viande, la forte demande en filet de bœuf, dont les prix augmentent de nouveau. La bascule sur les morceaux de l’avant s’effectue maintenant que les températures sont plus fraîches et correspondent mieux à la saison. 

Baisse des prix des gros bovins

Dans ce contexte, le prix moyen pondéré des gros bovins a reculé de nouveau de 3 centimes la semaine dernière, à 6,52 €/kg. Il a reculé de 9 centimes en 4 semaines. Il retrouve un niveau plus vu depuis juillet 2025, et se situe 9 % sous son niveau de l’an dernier. 

Forte pression sur les prix des vaches laitières

C’est sur les prix des vaches laitières que la pression est la plus forte. La vache O a perdu 9 centimes la semaine dernière, à 5,30 €/kg, un niveau au plus bas depuis avril 2025. C’est 19 % de moins que lors du pic de l’an dernier, même date. Les prix français restent au-dessus des autres références européennes, hormis l’Irlande. 

Sur les marchés en vif, on rapporte des apports en hausse alors que le manque de fourrage accentue les sorties saisonnières. À noter qu’après une période de baisse, les abattages de vaches laitières ont dépassé leur niveau de l’an dernier en août (+12,3 %) et septembre (+6,6 %) par rapport aux mêmes mois de 2025 qui étaient en retrait (bonne disponibilité en fourrage et prix du lait incitatif l’an dernier). 

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Les prix des vaches allaitantes se replient de la même façon, avec une vache R à 7,16 €/kg, 2 centimes de moins que la semaine précédente, et perdant 9 centimes sur 4 semaines. La cotation de la vache R est passé sous son niveau de l’an dernier fin septembre et s’affiche 4 % sous son niveau de la même semaine de 2025. Les vaches de qualité supérieure (vaches U) sont plus rares sur le marché et leurs prix résistent facilement.

Sur les 9 premiers mois de l’année, les abattages de vaches allaitantes ont reculé de 10 %, soit 50 000 têtes de moins qu’en 2025, selon FranceAgriMer. 

Les prix des mâles résistent mieux

Les prix des jeunes bovins résistent, la cotation du mâle de race à viande hors Blondes/Parth, 12-24 mois, R3 est stable depuis 3 semaines, à 6,27 €/kg (13 % sous le niveau de l’an dernier). La demande export se renforce sur l’Italie et surtout l’Allemagne, elle rebondit comme souvent à cette période de l’année. Pour autant, les opérateurs jugent que l’offre du moment est équilibrée par rapport à la demande. Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations françaises de viande bovine ont tout de même chuté de 13,3 %.

 

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