Fin Gras du Mézenc : L'AOP met la santé au menu

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Christophe Arnaudon, directeur du GDS 43 est venu présenter aux éleveurs Fin Gras du Mézenc, l'action profil métabolique et le nouveau service de décapage désinfection des bâtiments d'élevage, proposé par le Groupement de défense sanitaire. Crédits : © Fin gras gds

L'assemblée générale de l'AOP Fin Gras du Mézenc s'est tenue lundi 12 octobre. L'occasion de souligner une saison 2026 « solide » malgré un marché du bovin perturbé, et d'aborder la santé du troupeau et la qualité nutritionnelle de la viande.

Réunis lundi 12 octobre aux Vastres, les acteurs de l'AOP ont dressé un bilan encourageant de la saison 2026 : 174 éleveurs, 989 animaux commercialisés, 153 boucheries traditionnelles adhérentes - majoritairement dans le quart sud-est de la France - et 41 restaurateurs engagés. Malgré la forte hausse des prix des animaux en maigre, les éleveurs ont poursuivi leur choix du Fin Gras et la demande ne faiblit pas. « Pour 2027, notre objectif commun est de mieux connaître notre production pour mieux préparer l'avenir du Fin Gras du Mézenc dont la force repose sur la fidélité de toute une chaîne, des éleveurs aux restaurateurs », résume le président de l'Association, Bernard Bonnefoy.

Trois enjeux ont été identifiés : maintenir le nombre d'éleveurs et d'animaux engagés, renforcer l'image du produit, et préparer le Fin Gras de demain. Après les 30 ans de l'association et les 20 ans de l'AOC fêtés en 2026, la révision du cahier des charges se pose, à savoir : l'adapter tout en restant fidèle à l'identité de l'AOP et à la prairie naturelle qui en est le socle.

« Le paysan devient médecin »

Éloi Lebert, animateur de la démarche Bleu-Blanc-Cœur pour le sud-est, a présenté cette démarche de qualité initiée il y a 25 ans, qui rassemble aujourd'hui près de 7 000 agriculteurs, 900 acteurs économiques et 3 000 produits estampillés. Née dans les filières d'élevage, elle s'étend désormais aux productions végétales. Son principe : relier mode de production, composition des aliments et bénéfice santé, via des cahiers des ressources combinant obligation de moyens (interdiction de l'huile de palme et, en ruminants, du soja d'importation) et publication de résultats attestés par des analyses chimiques des produits, qui « permettent de dire que les produits sont réellement différents d'un point de vue nutritionnel » précise l'animateur Bleu-Blanc-Coeur.

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Dans la filière bovine, « ce qui compte, c'est ce que mangent les animaux », la race étant minorée. Devenue une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), la démarche réunit professionnels de santé, métiers de bouche, agriculteurs et scientifiques, « nous avons ainsi un véritable espace de dialogue nous permettant de créer des filières alimentaires aux meilleurs impacts nutritionnels et environnementaux » précise Éloi Lebert.

Contactée à l'initiative d'un éleveur, la démarche a analysé cette saison des échantillons de viande Fin Gras. « Les résultats sont intermédiaires» annonce d'emblée l'animateur Bleu Blanc Cœur ; « quelques formules alimentaires restent à retravailler dans l'AOP, mais les analyses de viande sont quasiment conformes, voire très encourageantes ». Le plus notable : une viande élevée sans complément alimentaire s'est révélée « particulièrement remarquable », preuve que la ressource peut se trouver directement sur la ferme, comme le confirment des résultats équivalents sur des systèmes fondés sur les prairies.

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La démarche Bleu-Blanc-Cœur pour le sud-est rassemble aujourd'hui près de 7 000 agriculteurs, 900 acteurs économiques et 3 000 produits estampillés.

De nouvelles analyses cet hiver vérifieront la reproductibilité de cette qualité, avant d'équilibrer les formules insuffisantes avec les fournisseurs d'aliments. « Nous sommes au début d'un sujet de travail avec les agriculteurs de Haute-Loire », note Éloi Lebert, qui voit dans le projet Fin Gras « une démarche novatrice pour donner de la valeur à la filière ». Et de conclure : « Le paysan devient médecin. On a besoin d'un paysan trois fois par jour et d'un médecin quelques fois par an : il faut investir dans le paysan. »

Prévention et biosécurité

Christophe Arnaudon, directeur du GDS 43, a présenté deux actions destinées aux éleveurs. D'abord le « profil métabolique », conduit jusqu'au 31 mars 2027 et pris en charge jusqu'à 100 %. L'action consiste à doser les oligoéléments et vitamines du troupeau, dont l'équilibre conditionne fortement l'immunité. « Des animaux bien complémentés réagissent vite face aux maladies qui se suivent et ne se ressemblent pas ! On ne sait pas quelle sera la prochaine, l'important est donc d'avoir des animaux capables de se défendre par eux-mêmes » insiste le directeur. Un acte de prévention d'autant plus utile qu'un animal peut sembler en bonne santé tout en présentant déjà un déséquilibre. Quatre journées de formation animées par un vétérinaire sont proposées en novembre et janvier sur ce sujet (voir encadré).

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Le GDS lance aussi un service de décapage désinfection des bâtiments d'élevage, une fois ceux-ci vidés, pour un vrai vide sanitaire - en suivi annuel ou en intervention ponctuelle en cas de problème sanitaire.

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